Faso Soap : un savon pour sauver 100.000 vies des griffes du paludisme

12507262_1690956947839210_5915090261906706284_n.jpgC’est au Burkina Faso, sous l’impulsion de Gérard Niyondiko, alors étudiant en chimie à l’institut de la Fondation 2ie, que le projet Faso Soap a vu le jour. Ce projet vise à développer et à commercialiser un savon répulsif anti-moustique, afin de combattre le paludisme qui tue chaque année des centaines de milliers de personnes et qui freine le développement des territoires touchés.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 438.000 personnes décèdent chaque année dans le monde des suites du paludisme. Cette maladie, transmise par les piqures de moustiques touche principalement les populations vulnérables, soit les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes des foyers à faible revenus des régions rurales d’Afrique subsaharienne.

Pour s’attaquer à ce problème de santé publique, Gérard Niyondiko a choisi de développer un répulsif anti-moustique sous la forme d’un pain de savon, car ce format a l’avantage de s’adapter au profil des populations touchées par le paludisme : il est abordable pour presque toutes les bourses et s’intègre dans les habitudes quotidiennes. En effet, le savon est présent dans 94% des foyers africains et sa confection est peu onéreuse car les ressources naturelles nécessaires à sa fabrication sont disponibles localement (principalement l’huile de palme, le beurre de karité, la citronnelle et les huiles essentielles de plantes répulsives). Ensuite, comme le savon est traditionnellement utilisé en fin d’après-midi, son usage est particulièrement pertinent dans le cadre de la lutte contre le paludisme, car les moustiques qui transmettent la maladie sont actifs au coucher du soleil.

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Le projet a commencé à se concrétiser en 2013, lors de la plus grande compétition internationale d’entrepreneuriat social destinée aux étudiants et aux jeunes diplômées, la Globale Social Venture Competition organisée par l’Université de Berkeley aux Etats-Unis. Alors, face à plus de 600 projets concurrents, Gérard Niyondiko a réussi à communiquer son ambition pour décrocher le 1er prix et US$25.000 de récompense. Ce premier pas a été suivi d’une campagne de financement collaboratif sur Ulule qui a permis à Faso Soap de récolter plus de 70.000€.

Ces ressources financières ont été investies dans le développement du produit, en apparence simple, mais dont le cahier des charges rend sa formulation complexe. En effet, il faut développer un savon dont les principes actifs répulsifs restent actifs 5 à 6 heures après utilisation, afin de couvrir la période durant laquelle sortent les moustiques (entre 17h et 23h). Par ailleurs, l’équipe de Faso Soap a décidé de suivre une méthode de recherche rigoureuse et transparente en vue d’obtenir l’homologation de l’OMS, un gage de qualité synonyme d’opportunités commerciales.

160518154212-faso-soap-grard-niyondiko-super-169.jpgPour entretenir ce processus de R&D, Faso Soap a conclu des partenariats avec le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme de Ouagadougou et avec Capsulae, une entreprise française qui maîtrise la micro-encapsulation – une technologie qui permet de saisir les huiles essentielles des plantes répulsives dans le pain de savon. Aussi, Faso Soap travaille avec la Savonnerie de l’Atlantique en France pour la production d’échantillons tests et est incubé à La Fabrique, une structure spécialisée dans l’accompagnement d’entreprise sociale.

La commercialisation des savons Faso Soap est prévue pour la fin de l’année 2018 en Afrique de l’Ouest. Le prix de vente annoncé est de 300 FCFA l’unité, soit 0,46€. L’objectif est de servir 100.000 personnes et potentiellement beaucoup plus, en fonction du succès de Faso Soap.

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