Transformer les champs de production d’énergie solaire en habitat pour insectes pollinisateurs

Une étude du Laboratoire National d’Argonne et du Département américain de l’énergie s’est intéressée à une solution de valorisation des sols de centrales solaires afin de les transformer en habitat pour insectes pollinisateurs, une solution à impact double.

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Les pratiques d’agriculture intensive et notamment l’utilisation massive de pesticides ont provoqué une diminution importante des populations d’insectes. En Europe, 80% des insectes ont disparu au cours des 30 dernières années. Cette chute de la population d’insectes pose un certain nombre de problèmes liés entre autres à la pollinisation des cultures. En effet, alors qu’aux Etats-Unis 75% des plantes cultivées sont dépendantes d’insectes pollinisateurs, l’agriculture intensive participe à la diminution de ses propres rendements en menaçant les insectes.

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C’est dans ce contexte qu’aux Etats-Unis le Laboratoire National d’Argonne et le Département américain de l’énergie ont mené une étude portant sur plus de 2 800 centrales électriques solaires, représentant une surface d’environ 11 346km² favorables à l’accueil de plantes attirant les pollinisateurs.
Transformer les terres sur lesquelles les centrales électriques solaires sont construites permettrait non seulement de valoriser ces sols qui ne sont actuellement pas exploités, mais aussi d’augmenter les rendements des terres agricoles proches de ces centrales, ce qui représente 90% des cultures américaines. L’impact est donc double et permettrait de diminuer les tensions entre les acteurs de l’agriculture et du solaire qui sont en concurrence pour l’exploitation des terres.

Le Laboratoire National d’Argonne a mesuré l’impact que cette solution est susceptible d’avoir sur les cultures de soja, d’amandes et de canneberges dans un scénario où toutes les installations des Etats-Unis situées à proximité de ces cultures seraient transformées en habitat pour insectes pollinisateurs conduisant à une hausse de 1% des rendements agricoles.
La production de soja augmenterait ainsi de 1,75 millions de dollars, celle d’amandes de 4 millions de dollars et celle de canneberges de 233 000 dollars par an. A cela s’ajoutent d’autres bénéfices environnementaux.

Les Etats américains prennent ce dispositif au sérieux. Ainsi, en 2016 l’Etat du Minnesota a voté une loi décidant de la création de plus de 930 hectares d’habitats pour les insectes pollinisateurs sur des centrales électriques solaires existantes. Des lois du même type existent dans l’Etat du Maryland et de l’Illinois.

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