Sovdagari : la patate utilisée comme monnaie d’échange en Géorgie

Primé lors de l’édition 2018 du Festival de Sundance (18-28 janvier 2018), le court-métrage Sovdagari, Le Marchand en français, vient de faire son apparition sur la plateforme Netflix. La réalisatrice, Tamta Gabrichidze, propose un voyage immersif à travers la campagne géorgienne où la pomme de terre est utilisée comme monnaie d’échange.

Dans ce film, le spectateur suit Gela, un marchand – sovdagari (სოვდაგარი) en géorgien – ambulant, au cours de ses pérégrinations dans les villages reculés du pays. Il part à la rencontre des habitants de ces contrées retirées.

Au volant de sa camionnette, Gela transporte vêtements d’occasion, jouets et quantité d’autres babioles apportés du monde extérieur et qu’il échange contre des kilos de pomme de terre. Plongé dans le quotidien du monde rural de l’Europe de l’Est, le public est confronté aux difficultés économiques qui sont telles que le lari (la monnaie nationale) n’est pas mobilisable. Face à cette adversité, le tubercule est au cœur d’un système de débrouille fondé sur le troc.

Inspirant, Le Marchand dépeint un territoire de l’ancien empire soviétique oublié et aux marges de la mondialisation. La patate devient alors un symbole d’empowerment puissant qui permet l’accès au marché et, par corrélation, la capacité de négocier, c’est-à-dire de débattre pour fixer le prix des biens que l’on veut échanger. Une des scènes présente un marchandage qui n’aboutit pas : une femme n’a pas suffisamment de pommes de terre et propose de l’argent à Gela ce qu’il refuse catégoriquement.

Au fond, ce reportage illustre l’ensemble de ces petites interactions sociales qui donnent corps au marché au-delà de l’aspect financier de ses transactions.

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