Les 10 propositions de la fondation Jean Jaurès pour concilier entreprise et société

Alors que le gouvernement prépare son projet de loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation de l’entreprise) et questionne la finalité de l’entreprise, la Fondation Jean Jaurès publie un rapport qui entend « dépoussiérer le concept de responsabilité sociale et environnementale (RSE) de l’entreprise » et propose 10 mesures visant à dresser le portrait de l’entreprise de demain : un « projet collectif où tout le monde a sa part ».

Grâce à ces propositions, les auteurs entendent répondre à plusieurs défis, notamment la conciliation entre entreprise et citoyens, l’implication des salariés dans la gouvernance et la valorisation des « entreprises engagées ». Le rapport est structuré autour de 3 axes de réflexion.

D’abord, « réformer le statut de l’entreprise » (proposition 1 à 3). Celle-ci est intrinsèquement liée à la société : nous y produisons de la valeur et du sens, échangeons, etc. Les auteurs appellent donc à la redéfinir au regard des défis majeurs auxquels cette même société fait face : « l’inégal partage des richesses, la crise environnementale et climatique et le problème de la représentation ». Sa réforme dépasse le simple débat juridique, elle est représentative d’une prise de position politique.

Ensuite, « repenser la gouvernance de l’entreprise » (proposition 4 à 8). Selon les auteurs, la représentation des parties prenantes est fondamentale pour la gouvernance de l’entreprise de demain, et afin de transcender leur opposition aux actionnaires, il faut les « intégrer aux instances de gouvernance ». Pour cela, elles doivent être définies, et leur rôle, droits et devoirs clarifiés. Cette gouvernance devrait également favoriser l’intrapreneuriat pour concilier activité salariale et entrepreneuriat et créer de nouvelles possibilités de croissance pour l’employeur.

Enfin, « rendre l’entreprise plus juste et plus durable » (proposition 9 et 10). Le rapport plaide pour que la RSE soit intégrée à la stratégie de l’entreprise, mais surtout pour que l’entreprise de demain tende vers une « performance globale » : respect de son environnement, bien-être des salariés, solidarité avec les territoires… comme nouvelles richesses partagées. Pour être plus juste et répondre aux attentes des citoyens, les auteurs appellent à rendre l’entreprise « plus transparente » (choix économiques et financiers, écarts salariaux) afin que les parties prenantes puissent prendre des décisions plus rationnelles et avisées.

Pour illustrer cette conviction, David Ménascé du cabinet de conseil Azao et Charles-Edouard Vincent, fondateur de la conciergerie de quartier Lulu dans ma rue interrogent la gouvernance des plateformes numériques, qui peuvent faire travailler des dizaines de milliers de personnes sans lien juridique (ex : Uber). Leur nature pose la question des frontières de l’entreprise. Il est indispensable de réfléchir à leur gouvernance responsable pour en optimiser les opportunités et en limiter les risques. Deux propositions peuvent selon eux répondre à cet enjeu : reconnaître les indépendants comme parties constituantes des plateformes et mettre en place un plus juste partage de la richesse (mécanismes de participation ou d’intéressement).

Retrouvez les 10 propositions du rapport

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