Une start-up kényane lance un « Uber de l’ambulance »

A Nairobi, il est désormais très simple de commander un taxi, se faire livrer ses courses ou réserver un restaurant depuis une application de son smartphone. Mais paradoxalement, faire appel à une ambulance pour une urgence médicale demeure un casse-tête éprouvé par de nombreux habitants de la capitale kényane. Pour palier à se manque, la start-up Flare lance un nouveau service: un « Uber de l’ambulance« .

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La défaillance des services ambulanciers ne vient pas d’un manque de véhicules ou d’hôpitaux. En effet, selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 ambulance pour 50 000 habitants en zone urbaine est requise pour assurer des services minimums. Or, Nairobi dispose de plus de 100 ambulances pour 3 millions d’habitants, un chiffre au dessus des standards de l’OMS, ainsi que de plus d’une vingtaine de centres médicaux d’envergure. Comment expliquer alors qu’une ambulance mette en moyenne deux heures pour arriver à destination ?

Le système de mise en relation des ambulances et des usagers est en cause. Vétustes et peu adapté, il ne dispose pas toujours d’outils de navigation et de géolocalisation. Face à ce problème, Caitlin Dolkart et Maria Rabinovich, les fondatrices de Flare, ont décidé de lancer ce nouveau service en décembre 2016, après avoir toutes les deux travaillé pendant plusieurs années dans des entreprises de nouvelles technologies liées au secteur de la santé en Afrique de l’Est.

Le service proposé par leur application permettra de commander une ambulance directement depuis le smartphone ou par une hotline. L’application permettra surtout de suivre en direct les déplacements du véhicule et de communiquer avec le personnel médical à son bord. Comme pour Uber, les ambulances disposeront des fonctionnalités de géolocalisation Google Maps (lieu de prise en charge, indications d’itinéraire prenant compte des embouteillages). La quasi totalité des ambulances de Nairobi appartiennent à des entreprises privées, Flare sera donc en mesure de prélever une commission à chaque « course » pour rentabiliser son modèle.

Au début de l’année 2017, la plateforme mettait en relations une cinquantaine d’ambulances et une dizaine de camions de pompiers avec les habitants de Nairobi, après avoir levé 200 000 dollars de fonds. L’entreprise réfléchit désormais à s’étendre aux services de police et de sécurité privée. Toutefois, les deux fondatrices l’admettent, l’application ne permet pas de résoudre un problème majeur : le prix des services d’une ambulance qui demeurent encore largement inaccessibles pour les populations modestes. En effet, les services d’une ambulance coûtent en moyenne entre 35 et 85 dollars et ne sont accessibles que pour les classes moyennes et supérieures de Nairobi.

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