Au Maroc, Suez investit dans un centre innovant de tri et d’élimination des déchets à fort impact social et environnemental

Au nord de la ville de Meknès au Maroc, Suez a installé cet été un centre d’élimination et de valorisation (CEV) des déchets où travaillent désormais plus de 180 trieurs de l’économie informelle. Dans ce pays, où la croissance urbaine est exponentielle et s’accompagne de problèmes de pollution et de gestion des déchets, l’initiative de Suez, déjà bien implanté dans le royaume, est perçue comme une solution innovante permettant de faire face aux nouveaux défis de l’urbanisation.

SUEZ

Ce projet s’inscrit dans la stratégie de Suez qui entend contribuer aux Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, comme le rappelle Hélène Valade, Directrice du développement durable du groupe : « l’entreprise existe certes pour créer de la valeur, mais elle rend aussi des services à la société et elle doit contribuer à l’intérêt général ».

Face aux enjeux de la gestion des déchets dans les pays en développement, ces derniers ont constitué une cible de choix. En effet, 7% des émissions de gaz à effet de serre dans les pays émergents sont liés aux déchets. Or, tous se sont engagés avec l’Accord de Paris, selon le principe de responsabilités communes mais différenciées, à réduire leur taux d’émission.

A Meknès, où le taux de recyclage des déchets n’atteint que 5%, Suez a annoncé vouloir faire évoluer positivement ce chiffre et maximiser son impact environnemental mais aussi social. Cet objectif est déjà en partie atteint selon certains tels qu’Ahmed Lagoud, Président de la coopérative Attadamoun (« solidarité » en arable), associée au centre de tri (cette coopérative marocaine regroupe des anciens chiffonniers  et artisans qui convertissent des déchets en objets du quotidien). En effet, lui-même ancien « chiffonnier », appellation désormais remplacée par les termes « trieurs » et « récupérateurs », Ahmed Lagoud raconte : « avant, je n’étais rien. Aujourd’hui, j’ai un statut et je gagne bien ma vie ». Selon lui, qu’il s’agisse de la sécurité au travail, du management des équipes, de la mutualisation de l’argent gagné ou encore des conditions d’hygiènes et de l’augmentation des salaires, les travailleurs de l’économie informelle ont gagné au change.

Le cas de Meknès sert désormais d’exemple au Maroc, où la problématique de la gestion des déchets est devenue un enjeu électoral majeur. Selon Anas Laraichi, employé au service de l’eau et de l’assainissement du Ministère de l’intérieur marocain : « il faut maintenant passer au stade des centres d’enfouissement et de traitement » pour compléter la politique du Maroc en la matière.

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