Selon un nouveau rapport, les Objectifs de Développement Durable liés à la santé sont encore loin

Le 12 septembre dernier, le groupe d’étude de la « charge mondiale des maladies » a publié son second rapport sur les indicateurs des Objectifs de Développement Durable liés à la santé (ODD). Cette étude a été menée par les 2 500 collaborateurs du projet, répartis dans 135 pays et coordonnée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation, installé à l’université de Washington à Seattle. Selon ces experts, rien ne garantit que le monde atteindra d’ici à 2030 les ODD ayant trait à la santé.

Cette étude a permis de noter et de classer 188 pays sur 37 des 50 ODD liés à la santé. Ces 37 indicateurs vont du retard de croissance infantile à l’incidence de l’infection par le VIH, en passant par le suicide, l’accès à l’eau potable ou encore à l’hygiène. En 2017, le groupe d’étude a ajouté cinq nouveaux indicateurs à son évaluation : la couverture vaccinale, les violences physiques et sexuelles, les abus sexuels sur les enfants, un registre des décès fiable, ainsi que des mises à jour de la mise en œuvre d’une couverture sanitaire universelle.

Pour certains indicateurs tels que la mortalité néonatale, infantile et maternelle ainsi que le paludisme, les experts estiment que les tendances observées depuis 1990 sont rassurantes, on peut donc espérer que 60% des pays étudiés parviennent aux objectifs fixés par les ODD. En revanche, les résultats pour d’autres indicateurs tels que la mortalité routière, le surpoids des enfants ou la tuberculose sont inquiétants, moins de 5% des pays étudiés étant susceptibles de s’approcher des objectifs. Par ailleurs, selon l’étude, moins de la moitié des pays atteindront les objectifs s’agissant du suivi de l’accouchement en présence de professionnels de santé (48 %), de la qualité de l’air intérieur (40 %) et de l’existence de registres de décès fiables (35 %). Pis, seulement 7 % des pays seraient en mesure de tenir leur engagement en mettant fin, d’ici à 2030, à l’épidémie d’infection par le VIH, et aucun s’agissant de la tuberculose. Enfin, à cette date, moins de 5 % d’entre eux seraient à l’heure des ODD, en ayant su venir à bout du surpoids des enfants, de la mortalité par suicide ainsi que de la mortalité routière.

Avec des notes globales supérieures à 86/100, Singapour, l’Islande, la Suède sont les 3 premiers de la classe. La France est classée 26ème, avec une note de 73/100. Malgré de très bonnes notes sur les sujets de la santé maternelle et infantile, des maladies transmissibles et non transmissibles et du développement, la France perd des points sur les sujets de la consommation d’alcool, du tabagisme quotidien et de la mort par suicide. Avec une note de 11/100, l’Afghanistan est le dernier de la classe. Mais dans l’ensemble, les Etats d’Afrique subsaharienne sont largement sur-représentés dans le bas du classement : ils représentent 33 pays sur les 38 derniers du classement.

Selon les auteurs : « Il est de plus en plus clair que l’agenda des ODD liés à la santé repose sur des progrès qu’il faudrait nettement accélérer, notamment parmi les populations les plus pauvres au monde ». « Voir ces efforts couronnés de succès n’est pas encore impossible, néanmoins, cela demandera un engagement financier et politique extraordinaire de la part des agences nationales comme internationales pour garantir que personne n’ait été abandonné en route en 2030 », concluent-ils.

Cliquez ici pour visualiser les résultats de cette étude

Publicités