L’impact investing s’enracine dans le paysage indien

Une récente étude menée par le cabinet de conseil McKinsey souligne le dynamisme de l’impact investing en Inde. Cette tendance est globale : on estime en effet que l’investissement responsable dans le monde atteindra 300 milliards de dollars en 2020. Pour l’Inde, s’il ne totalise qu’un montant de 1.1 milliard de dollars pour l’année 2016, il devrait s’approcher des huit milliards en 2025. L’impact investing se structure en effet durablement en réponse à l’explosion démographique du sous-continent, à la croissance économique sous-jacente, à la stabilité des marchés financiers indiens et est également favorisé par un solide état de droit et un large éventail de besoins socio-économiques encore insatisfaits.

Impact Investing in India

L’étude de McKinsey apporte un éclairage neuf sur quatre tendances qui façonnent l’impact investing en Inde :

  • La diversification et la complémentarité dans les sources de financement de l’impact investing. Les fonds de Private Equity (PE) et de Venture Capital (VC) s’invitent à la table et apportent avec eux de nouvelles compétences ;
  • L’augmentation significative de la taille des investissements, conséquence de la maturité des business modèles de certaines entreprises  désormais capables d’absorber des investissements plus importants ;
  • La diversification des secteurs concernés par l’impact investing. En effet, si l’énergie renouvelable attirait la majeure partie des investissements jusqu’en 2014, des secteurs comme l’éducation, la santé ou l’agriculture ont croît considérablement et gagné en attractivité ;
  • L’alignement des critères et des objectifs recherchés entre l’impact investing et l’investissement traditionnel.

Ensuite, l’étude s’emploie à casser certains biais et préjugés autour de l’impact investing :

  • L’impact investing n’est pas synonyme de plus faibles retours sur investissement. En effet, sur 48 projets d’investissement responsable étudiés, le retour sur investissement médian est de 10% ;
  • L’impact investing n’inclut pas seulement des rendements sur le long terme. L’étude révèle que des investissements dans des entreprises sociales solides permettent un retour sur investissement sur moins de 10 ans ;
  • L’impact investing n’est pas réservé aux investisseurs spécialisés, au contraire une diversité d’investisseurs est nécessaire dans les différentes étapes du projet ; chacun apportant son expertise financière et sa capacité à évaluer l’impact social ou environnemental recherché ;
  • L’impact investing n’est pas « une goûte d’eau dans la mer« . A l’inverse, il impacte la vie de 60 à 80 millions d’individus en Inde.

Enfin, selon l’étude, l’impact investing est désormais un levier déterminant de la croissance en Inde et a le potentiel de croître de plus de 20 et 24% entre 2017 et 2025. Toutefois, pour atteindre cette perspective, l’Inde et les entreprises indiennes doivent entreprendre certaines réformes et initiatives :

  • Accentuer les efforts de transparence pour permettre une meilleure évaluation de l’impact ;
  • Développer des activités de RSE et accroître le financement d’initiatives socialement responsables. La création d’un fonds pour les initiatives « Bottom of the Pyramid » permettrait de structurer un secteur dynamique, encore trop dispersé aujourd’hui ;
  • Développer et diversifier les mécanismes de financement, notamment en créant des instruments innovants comme des obligations à impact social ;
  • Attirer et aider de nouveaux talents à émerger, notamment en créant une certification pour les programmes d’investissement à impact social ;
  • Renforcer la collaboration entre les différents acteurs : multinationales, investisseurs, entreprises sociales et ONG.

Pour l’étude complète ici.

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