Travail à la demande : Interview avec David Menascé sur la grève des chauffeurs Deliveroo

Mardi 29 août, David Menascé était l’invité de Good Morning Business sur BFM Business pour réagir au mouvement de grève initié par les livreurs de Deliveroo dans plusieurs villes de France et plus largement apporter des éclairages sur la situation des prestataires de services sur les plateformes numériques. Son intervention s’inscrit dans la continuité de deux études qu’il a publiées avec L’Institut de l’Entreprise – « La France du Bon Coin » et de « travail à la demande : quel modèle social ? » –  visant à comprendre les défis et enjeux des prestataires de services inscrits sur des plateformes numériques d’intermédiation.

Interview BFM

Retrouvez l’interview complète ici.

Le mouvement de contestation qui a débuté à Bordeaux en juillet et qui s’est étendu à Lyon puis Paris porte sur le changement de mode de rémunération des coursiers Deliveroo. La plateforme numérique qui compte aujourd’hui environ 7500 coursiers a décidé de passer d’un système de rémunération de 7,5 euros de l’heure à une rémunération à la course (5 euros en province et 5,75 euros à Paris). Les livreurs qui protestent contre ce nouveau mode de rémunération estiment qu’il devrait faire baisser leur revenu de 8% à 30% selon leur temps de travail. Pour David Menascé, co-fondateur du cabinet de conseil Azao, si ces nouvelles formes d’emploi ont permis à de nombreux travailleurs d’avoir accès au marché et à davantage d’opportunités économiques, leur développement rapide nécessite de poser la question de leur modèle social.

David Menascé relève trois problématiques principales :

  • La situation des prestataires de services qui sont indépendants juridiquement mais pour autant dépendants économiquement (bien souvent d’une seule plateforme) ;
  • Le modèle de fixation des prix et de la rémunération des prestataires qui est souvent décidé de manière unilatérale par les plateformes ;
  • Le manque de concertation entre les plateformes et les prestataires de services.

En réponse à ces problématiques David Menascé estime que les plateformes d’intermédiation devraient développer des modèles économiques et sociaux plus justes envers les travailleurs « à la demande ». Concrètement, il préconise des mécanismes de concertation entre les plateformes et leurs prestataires pour la détermination des prix et le partage de la valeur ajoutée, l’intégration de ces travailleurs aux modèles de protection sociale et la mise en place d’une logique de parcours pour ces prestataires en s’inspirant par exemple de l’intérim. Il met également en avant l’idée de création d’un « label » assorti d’une présomption irréfragable exclusive de tout lien de subordination à l’égard des prestataires pour les plateformes mettant en place un certain nombre de dispositifs favorables aux prestataires. La mise en place de tels mécanismes relève pour les plateformes elles-mêmes d’un véritable enjeu d’acceptabilité sociale.

Pour en connaitre davantage, retrouvez les études de David Menascé pour l’institut de l’entreprise :

La France du Bon Coin : Le micro-entrepreneuriat à l’heure de l’économie collaborative

Travail à la demande : quel modèle social ?

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