Entreprises du CAC 40 & Social business

La plateforme Convergences a publié la deuxième édition de son étude sur les Entreprises du CAC 40 et le social business. Selon l’étude, le mouvement du social business a gagné l’ensemble des 15 entreprises interrogées* : si chaque structure l’intègre différemment, il concerne de plus en plus de départements et de Business Units au sein des groupes. Malgré les divergences de vision entre les entreprises, l’étude fait ressortir deux catégories d’initiatives : l’inclusion des populations à la base de la pyramide (BoP) et le soutien à des entreprises sociales.

Différentes visions du Social business 

Théorisé par le Pr. Yunus, Prix Nobel de la Paix, le Social business est défini par ce dernier comme une « activité rentable au service du développement des populations vulnérables, dont les bénéfices sont systématiquement réinvestis dans le projet au bénéfice de ces populations » (En savoir plus).

Cependant, le modèle ainsi théorisé diffère en pratique selon les cultures et stratégies de chaque entreprise. Le principal point de divergence entre les groupes est celui du réinvestissement des bénéfices. Pour la moitié des entreprises interrogées, les bénéfices doivent être réinvestis dans le projet conformément à la vision du Pr. Yunus. Pour l’autre moitié, les bénéfices peuvent, en partie, rémunérer les investisseurs. Dans ce dernier cas, plusieurs modalités existent. Par exemple, BNP Paribas a établi un seuil minimum de réinvestissement dans le projet à hauteur de 50 %.

Les 15 entreprises interrogées s’accordent néanmoins sur le fait que le premier enjeu du social business est de répondre à un besoin social et que le projet doit être rentable.

L’inclusion des populations BoP au cœur des stratégies de social business

L’étude met en avant deux catégories d’initiatives en matière de social business : le soutien à des entreprises sociales, méthode adoptée par 12 des 15 entreprises interrogées, et l’inclusion des populations BoP, adoptée par 11 d’entre elles (voir graphe ci-dessous).

Concernant les stratégies d’inclusion des populations BoP, trois modalités se distinguent :

  • La création d’une offre de biens et de services pour les populations BoP. A titre d’exemple, le programme Grameen Veolia Water permet la distribution d’eau potable à toute une zone rurale du Bangladesh ;
  • Le développement de produits et services financiers pour les populations BoP. Le micro-crédit, les services d’épargne, d’assurance, d’inclusion bancaire sont autant de produits et services proposés à des personnes exclues des systèmes bancaires et assurantiels classiques. AXA par exemple propose de la micro-assurance à plus de 10 millions de personnes dans les pays émergents ;
  • L’intégration des populations BoP dans la chaîne de production et de commercialisation. Le Fonds Danone Ecosystème a ainsi initié des projets pour répondre à des enjeux auxquels étaient confrontées les Business Units, par exemple liés à l’approvisionnement ou à la distribution. Les projets visent ainsi à soutenir l’« écosystème » du groupe (fermiers, distributeurs, etc.) de manière inclusive.

Le défi d’une méthodologie commune en matière de mesure d’impact

Les entreprises interrogées mesurent toutes l’impact des projets qu’elles mènent, mais regardent des indicateurs différents et se disent insatisfaites par leur méthodologie qui sont le plus souvent en phase d’expérimentation. Elles mesurent surtout l’impact sur les bénéficiaires, plus que sur leur organisation, et une minorité d’entre elles mesure leur impact environnemental.

Enfin, l’étude appelle les entreprises à se saisir pleinement des nouvelles technologies pour développer des outils de pilotage et de mesure d’impact plus pertinents :

« Les entreprises sont encore au stade de structuration ou de maturation de leur méthodologie de mesure d’impact. Elles ne se sont pas encore saisies de toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies du digital et du Big data sur leur mesure d’impact. »

 

*Les entreprises interrogées dans le cadre de l’étude sont : AXA, BNP Paribas, Bouygues, Crédit Agricole, Danone, ENGIE, Kering, L’Oréal, Orange, Renault, Schneider Electric, Société Générale, Total, Veolia et VINCI.

Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’étude ici.

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