Des solutions de financement pour les start-ups africaines

Les levées de fonds constituent l’un des principaux enjeux pour toute start-up. Mais en Afrique, le secteur bancaire comme les aides institutionnelles ne sont pas en mesure aujourd’hui de répondre à ce besoin. C’est pourquoi les start-up africaines doivent trouver d’autres solutions, faisant appel à des acteurs privés et publics, locaux ou étrangers. Six de ces solutions étaient présentées par un panel d’experts lors des Journées Nationales des Diasporas Africaines qui se sont déroulées les 31 mars et 1er avril à Bordeaux.

Les start-ups africaines rencontrent deux principaux obstacles dans leur démarche de financement : des taux d’intérêt prohibitifs pour emprunter de l’argent et l’absence de subventions publiques. A titre d’exemple, sur la zone francophone, les taux proposés par les banques commerciales vont de 10 à 17 % – de quoi dissuader plus d’un entrepreneur. Quant aux subventions nationales, celles-ci sont très rares et sont versées le plus souvent par des bailleurs étrangers.

Pour dépasser ces obstacles, des leviers alternatifs sont possibles. En témoignent les records de levées de fonds réalisées par les start-up africaines en 2016. Parmi les solutions existantes :

Les prêts à taux zéro

Certains programmes de prêts à taux zéro se développent sur le continent. L’Agence Française de Développement (AFD) a lancé par exemple une plateforme dans le cadre de son programme Afrique Innovation : l’AFD a doté un fonds de 550 000 € pour permettre aux start-ups d’effectuer des prêts de 10 000 à 30 000 € avec un remboursement en différé.

Les fonds d’amorçage et de capital-risque

Les fonds d’amorçage permettent aux entrepreneurs de finaliser leur produit, avant même sa commercialisation. C’est ce modèle qui a été retenu par les co-fondateurs du fonds Teranga Capital basé au Sénégal.

Les fonds de capital-risque, quant à eux, aident les start-ups sur le point de vendre leur produit. Ceux-ci sont de plus en plus liés aux incubateurs locaux. En 2016, l’incubateur ghanéen Meltwater Entrepreneurial School of Technology (MEST) a ainsi créé son propre fonds de capital-risque.

Les « business angels »

Bien que cette solution reste peu développée faute de fiscalité incitative, des réseaux de business angels existent, en particulier en Afrique francophone avec par exemple Cameroon Angels Network et Ivoire Business Angels.

Fonds accessibles par la diaspora

Les entrepreneurs issus de la diaspora et travaillant à l’étranger peuvent accéder aux fonds des pays de résidence. Certains ont pu, dans un premier temps, financer et développer leur projet à l’étranger, gagnant ainsi plus de crédibilité avant de se tourner vers le continent africain.

Le financement participatif

Les plateformes de crowdfunding se sont fortement développées sur le continent, grâce notamment aux systèmes de crédit mobile. A titre d’exemple, des ingénieurs burkinabés ont réussi à collecter 70 000€ via la plateforme Ulule pour lancer leur entreprise de savon anti-moustique, Faso Soap.

Les concours et bourses

Les incubateurs africains nouent de plus en plus de partenariats avec des entreprises et des universités locales ou étrangères, proposant des bourses pour les projets sélectionnés. Orange, Total ou encore l’université de Californie à Berkeley organisent par exemple des concours de start-ups.

Publicités