Matinale (Re)sources : transformation digitale et services essentiels

Le think-tank (Re)sources, qui s’intéresse aux questions d’accès aux services essentiels (eau, assainissement et électricité), consacrait sa matinale du 7 mars aux aux technologies digitales et aux nouvelles opportunités liées à l’accès aux services essentiels. Nicolas Decordes, vice-président marketing anticipation du Groupe Orange et Gwenael Prié, chef de projet Télécoms et Numérique pour l’Agence française de développement (AFD), étaient les invités de ce débat qui s’est tenu au Collège des Bernardins, animé par David Menascé, co-fondateur du cabinet de conseil Azao.

Retour sur les points clés du débat.

Gwenael Prié est tout d’abord revenu sur la révolution numérique de ses dernières décennies, qui bouleverse les technologies, les usages comme les modèles économiques. Cette révolution prend, selon lui, trois formes :

  • La connectivité constitue l’élément majeur de cette transformation avec 5 milliards d’utilisateurs de téléphones portables.
  • L’apparition de nouveaux usages liés aux applications mobiles. Un exemple frappant en Afrique est le développement du paiement mobile. On recense 550 millions de comptes tout opérateur confondu. Cette innovation a permis à des millions de personnes d’accéder à des services financiers dont ils étaient auparavant exclus. Cela a aussi permis d’autres innovations, comme celle du « pay as you go » qui permet par exemple l’accès à l’énergie solaire à bas coût grâce à un versement mensuel via les téléphones mobiles.
  • L’explosion des données produites à travers le numérique. Au niveau mondial, 90% de ces données ont été collectées sur les deux dernières années. Ce foisonnement d’informations est aujourd’hui un élément essentiel pour aider les décideurs à faire le meilleur choix possible en termes d’impact.

Nicolas Decordes a ensuite mentionné les multiples applications possibles de ces données, qui peuvent servir à la fois dans le domaine de l’énergie, des transports, de l’éducation, de l’accès à l’eau ou encore dans la gestion des crises.

Les intervenants ont enfin pointé du doigt les enjeux qui demeurent.

La gouvernance tout d’abord doit garantir une meilleure transparence quant à l’utilisation des données et les algorithmes utilisés. Favoriser les bonnes pratiques, améliorer la formation des utilisateurs et leur implication dans les processus de décision permettraient d’avancer dans ce sens.

« En matière de gouvernance, le numérique offre une voix à tous et, en particulier, à des personnes qui en sont dépourvues, en les impliquant beaucoup plus facilement dans certaines décisions collectives. » Gwenael Prié

Le passage à l’échelle constitue également un défi de taille. Il est conditionné par plusieurs éléments :

  • Favoriser une meilleure connectivité. Aujourd’hui les usagers des services mobiles dans les pays en développement restent en majorité des hommes jeunes, urbains et qui ont de l’argent.
  • Favoriser l’identification et la duplication des innovations, grâce aux incubateurs et universités notamment.
  • Enfin, favoriser les opportunités d’externalité des données vers l’innovation, par exemple par une meilleure transmission de celles-ci à des formats standardisés.

Retrouvez l’intégralité du débat et réécoutez les points essentiels du débat.

 

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