Investissements records dans les technologies en Afrique

Dans une étude publiée en février, le fonds de capital-risque français Partech Ventures montre comment les investissements dans le secteur des nouvelles technologies en Afrique a bondi en 2016. Les montants ont atteint un niveau record de 366,8 millions de dollars, soit une hausse de 33% par rapport à 2015. Les investisseurs parlent aujourd’hui de nouvelles « Silicon Valley » africaines.

Le rapport, rédigé par Cyril Collon, general partner chez Partech Ventures et Tidjane Deme, ancien directeur de Google pour l’Afrique Francophone et aujourd’hui general partner pour le même fonds, insiste sur le développement exceptionnel du secteur des nouvelles technologies en Afrique ces dernières années. Ce développement se traduit notamment par le nombre croissant de création d’entreprises : 77 start-ups se sont ainsi lancées en 2016 contre 55 l’année précédente. Finalement, l’investissement dans le secteur aura été quasiment multiplié par 9 en quatre ans.

Trois pays concentrent les investissements : le Nigeria (où l’on trouve la « Yabacon Valley »), l’Afrique du Sud et le Kenya (avec la « Silicon Savannah »). 

« Ces trois pays leaders attirent encore la grande majorité de l’investissement tech sur le continent. Les autres pays, qui sont engagés dans une innovation digitale toute aussi structurante, restent sous-représentés et constituent donc une opportunité encore inexploitée pour les investisseurs » selon Cyril Collon.

L’Afrique francophone n’est pas en reste et connait une forte croissance de ses investissements. Le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Maroc et la Tunisie intègrent ainsi le classement.

Selon l’étude, les investissements réalisés en Afrique francophone portent essentiellement sur des initiatives dans le secteur des « Fintech » visant l’inclusion financière (comme le mobile money par exemple, en plein essor dans la région, ou encore la plateforme de paiement Flutterwave, présente dans de nombreux pays). Les secteurs des « Edtech » (la technologie pour l’éducation) et des « HealthTech » (la technologie pour la santé) sont également concernés. Le rapport insiste également sur l’essor du secteur du « off-grid », qui repose sur des innovations permettant un meilleur accès à l’énergie, grâce au numérique et à l’énergie solaire (comme les modèles « pay as-you-go », où la facturation se fait au jour le jour en fonction de la consommation réelle, proposés par exemple par M-Kopa au Kenya, MobiSol au Rwanda ou Arnergy au Nigeria).

Retrouvez ici les principaux résultats de l’étude.

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