74 Berlinois expérimentent le revenu universel

Depuis quelques mois, 74 Berlinois reçoivent un revenu mensuel de 1 000 euros, sur le principe du revenu universel. Il ne s’agit pas d’une initiative publique, mais d’un projet porté par une association privée. En 2014, Michael Bohmeyer a en effet lancé l’association Mein Grundeinkommen (« Mon Revenu de base ») : grâce à une plateforme de crowdfunding, il a récolté en deux ans et demi le montant nécessaire pour verser un revenu à 74 bénéficiaires tirés au sort, et a ainsi relancé le débat du revenu universel en Allemagne.

Mein Grundeinkommen

Aujourd’hui installée dans un espace de coworking à Berlin, l’association s’est rapidement agrandie et compte aujourd’hui près de 20 salariés. En moins de trois mois, le site avait déjà permis de récolter 50 000 euros. L’association reçoit désormais près de 100 000 euros par mois, venant pour la plupart de donateurs réguliers, ce qui permet aux membres fondateurs de se projeter sur le long terme et de verser un montant de 1 000 euros à 74 personnes pendant un an. Les bénéficiaires, tirés au sort parmi les inscrits sur le site, ont des profils très divers : étudiants, chômeurs, artistes, architectes, etc. Un jeune garçon de sept ans a même été retenu.

L’idée de départ était de « voir à quoi ressemblerait une société dont les membres n’auraient pas pour première préoccupation de subvenir à leurs besoins fondamentaux ». Le concept du revenu universel n’est pas nouveau. Philosophes, économistes et politiques se sont déjà penché sur la question depuis Thomas More au XVIème siècle jusqu’à aujourd’hui. Le principe de ce revenu est de permettre à chaque habitant d’avoir de quoi vivre, s’habiller, se nourrir. Ceci afin de lui permettre de consacrer son temps, non pas à faire des « petits boulots » pour gagner de quoi vivre, mais à ses projets (formation, start-up, etc.) et à son épanouissement personnel (cours de musique, voyages, temps passé en famille, etc.).

Le retour des bénéficiaires est à ce stade encourageant. Une jeune auto-entrepreneuse parle de la fin d’une « peur existentielle » pour subvenir à ses besoins. Écrire un livre, suivre une formation pour être instituteur, prendre des cours de guitare, chacun a choisi d’allouer ce revenu pour une activité lui tenant à cœur. Si cette première expérience menée par l’association n’est pas une expérimentation au sens scientifique, l’objectif est de médiatiser le projet et ses résultats, afin de nourrir la réflexion politique.

 

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