51 associations de lutte contre la pauvreté s’engagent dans la campagne

En janvier, 51 associations de lutte contre la pauvreté et le mal-logement en France interpelaient les candidats à l’élection présidentielle. A travers une « autre campagne » lancée sur les réseaux sociaux avec le hashtag #DansLaVraieVie (à suivre sur Facebook et Twitter), elles entendent lutter contre les préjugés de nombreux citoyens et hommes politiques français et ramener la précarité dans le débat public. Cette alliance regroupe des grands noms de la lutte contre la précarité en France, dont  ATD Quart Monde, le Secours Catholique, Aurore, la Fondation Abbé Pierre, les banques alimentaires, France Terre d’asile, Médecins du Monde, le Centre d’Action Sociale Protestant et l’Armée du Salut.

autre-campagne2

Selon ces associations, de nombreux politiques français sont mal informés sur les enjeux de la pauvreté et du mal-logement en France, et nourrissent encore beaucoup de préjugés. Il en découle des diagnostics erronés et des solutions inadaptées.

Grâce à leur « autre campagne », les représentants de ces associations espèrent rétablir quelques vérités. Pour ne prendre qu’un exemple : selon une étude du CREDOC réalisée en 2014, 76% des Français pensent qu’un ménage percevant le Revenu de Solidarité Active (RSA) a des revenus supérieurs aux revenus d’une famille qui gagne le SMIC. Selon ATD Quart Monde, ce n’est pas le cas dans 95% des situations. Les associations mettent également en avant les problématiques du non-recours, selon lequel une importante part des bénéficiaires d’aides sociales ne les demanderait pas, par manque d’information, crainte de la stigmatisation ou encore à cause de la complexité des démarches. Sur la question des SDF, Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre mentionne dans un article publié dans le journal Le Monde que près d’un quart des SDF ont un emploi, mais qui malheureusement ne leur permet pas d’avoir un toit.

Malgré les politiques successives en matière de lutte contre la pauvreté, les personnes passant sous le seuil de pauvreté (60% du revenu médian en France) sont de plus en plus nombreuses. Elles étaient 800 000 entre 2004 et 2014, et l’on compte près de 9 millions de pauvres en France aujourd’hui. Si ces associations ont décidé d’interpeler les hommes politiques et les Français en cette campagne électorale, c’est parce que les moyens qui y sont alloués évoluent, selon elles, bien moins vite que les besoins. Dans ce contexte, elles appellent à une « rénovation structurelle du système de protection sociale ».

Advertisements