Une aide sociale pour 5 millions de Nigérians, une première

Un premier système d’aide sociale devrait voir le jour avant la fin de l’année au Nigéria. C’est l’une des promesses électorales du président Muhammadu Buhari. Encadré par la Banque Mondiale, ce projet doit permettre à 5 millions de Nigérians de recevoir, d’ici 2021, 5 000 nairas par mois (25 dollars) sur un compte personnel. Cette somme permettra aux plus pauvres de subvenir à leurs besoins. Mais dans un pays durement touché par une crise économique sans précédent et dans lequel vivent 110 millions de personnes dans le besoin, la pérennité de cette aide financière demeure incertaine.

S’inspirant de projets mis en place en Côte d’Ivoire et au Sénégal, le président nigérian Muhammadu Buhari souhaite, conformément à ses promesses électorales, instaurer une aide financière fédérale pour les populations les plus modestes. 1 million de Nigérians devraient être concernés d’ici la fin de l’année. L’objectif est de toucher 5 millions de bénéficiaires d’ici 2021. Un montant équivalent à 25 dollars leur sera attribué chaque mois via un compte bancaire personnel, créé à cet effet. La Banque Mondiale encadre la mise en place du système, avec pour objectif de lutter contre la corruption et d’empêcher les fraudeurs de créer de faux comptes.

Pour Maryam Uwais, conseillère pour les questions sociales auprès du président, ce complément de revenu permettra aux plus pauvres de soutenir ou de démarrer une activité, ou bien d’envoyer leurs enfants à l’école. Dans un contexte de crise économique et de forte inflation, le salaire minimum qui s’élève à 57 dollars reste très faible par rapport aux besoins de la vie courante.

Cependant, la mise en place de ce premier système d’aide sociale, qui devrait coûter 3 milliards de dollars sur trois ans, ne sera pas sans difficulté. Le Parlement doit encore approuver le prêt fourni par la Banque Mondiale pour un montant de 500 millions de dollars, alors que l’Etat connait d’importantes difficultés financières (chute du prix du pétrole, pénurie de devises étrangères, forte dévaluation de la monnaie). Cette situation fait craindre à l’économiste Nonso Obikili une impossibilité pour l’Etat de pérenniser cette aide, ce qui engendrerait une crise.

Cette première aide sociale reste cependant un signe encourageant pour la société nigériane. Couplée à des projets déjà mis en œuvre tels que des programmes de formation pour les jeunes, d’aide alimentaire ou de micro-crédits pour les femmes, elle pourrait permettre à des millions d’habitants de développer leur activité.

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