Les contraintes de mobilité pèsent davantage sur les femmes

La Délégation aux Droits des Femmes et à l’Egalité des Chances du Sénat vient de publier un rapport sur les femmes et l’automobile. Le rapport insiste sur l’inégalité d’accès à la voiture et appelle à lever les contraintes à la mobilité des femmes, notamment celles en situation de précarité.

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Le rapport, intitulé « Les femmes et l’automobile : un enjeu de lutte contre la précarité, d’orientation professionnelle et de déconstruction des stéréotypes », a été présenté le 20 septembre dernier par Chantal Jouanno, présidente de la Délégation sénatoriale aux droits des femmes, à l’occasion du lancement du Mondial de l’Automobile. Le rapport se penche notamment sur (1) les inégalités entre hommes et femmes quant à l’accès au permis de conduire et (2) les contraintes de mobilité, accrues pour les femmes en situation de précarité.

En ce qui concerne le permis de conduire, les auteurs du rapport dressent le constat suivant : le taux de femmes titulaires du permis B est inférieur de 15 points à celui des hommes. Ainsi, en 2007, le taux de détention du permis était de 76% pour les femmes contre 91% pour les hommes. De plus, le taux de réussite des femmes au permis était de 55,5% en 2014 contre 65,5% pour les hommes, un écart qui reste constant depuis 2012. La délégation insiste sur l’importance des aides au permis afin de limiter les inégalités provenant de ces écarts.

Par ailleurs, le rapport établit que les difficultés en matière de mobilité touchent davantage les personnes précaires, et notamment les femmes. La délégation constate que la voiture constitue un besoin réel pour les déplacements des femmes en raison du rôle qui leur est encore souvent assigné dans le foyer. Pourtant, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à utiliser les transports en commun. Elles représentent en effet deux tiers des usagers des transports en commun. Les femmes à la tête d’une famille monoparentale et les femmes âgées – séparées ou veuves – sont les plus touchées par la précarité et les contraintes de mobilité.

Selon le rapport, ces inégalités ont un impact négatif sur l’autonomie et l’intégration sociale et professionnelle des femmes (accès à l’emploi, logement, loisirs et santé) – impact qui est d’autant plus fort en zone rurale. Selon la délégation, « répondre à la problématique de l’absence de mobilité constitue donc un enjeu majeur ». Pour ce faire, le rapport appelle à développer les initiatives de « mobilité solidaire » afin de faciliter les déplacements des femmes précaires. Plusieurs catégories d’acteurs mettant en oeuvre des actions en ce sens sont citées :

  • Les associations (les aides du Secours Catholique, les actions de l’association les Autos du Cœur) ;
  • Les garages associatifs ou solidaires, qui offrent des services d’entretien, de réparation de voitures, de location, de vente ou de formation à prix réduits ;
  • Les constructeurs automobiles, comme la Fondation PSA Peugeot-Citroën avec le programme « Mouv’Up ! En route pour l’emploi» et Renault à travers son programme Mobiliz.

Enfin, le rapport suggère la mise en place d’un label afin d’améliorer la visibilité de ces initiatives et recommande de cartographier, en lien avec les pouvoirs publics au niveau local, les initiatives afin de les mettre en réseau et parvenir à un maillage de l’ensemble du territoire français.

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