Etats-Unis : des lave-linge pour lutter contre l’absentéisme scolaire

Chaque jour aux États-Unis, près de 4 000 enfants sortent du système scolaire, avec des répercussions sans appel sur le taux de chômage (les enfants ayant quitté le système scolaire connaissent un taux de chômage 40% plus élevé), le taux d’incarcération (x8) et le taux d’appel aux aides gouvernementales (+70%). C’est en tout cas le constat de Whirlpool, qui entend lutter contre le fort taux d’absentéisme scolaire prévalent dans les quartiers les plus pauvres en offrant des machines à laver et à sécher le linge aux écoles – l’idée étant que les enfants ne viendraient pas à l’école parce qu’ils n’ont rien de propre à mettre.

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L’idée de ce programme est née du constat de Melody Gunn, ancienne proviseure de l’école élémentaire Gibson à Saint Louis : malgré des repas gratuits ou à prix réduits et un système de transport facilité par l’école, le taux d’absentéisme scolaire ne diminuait pas. En discutant avec des parents, elle s’est rendue compte que de nombreux élèves rataient des jours de cours lorsqu’ils n’avaient pas d’habits propres à mettre : parce que leur famille ne disposait pas de machine à laver, de ressources pour acheter de la lessive, ou encore parce que l’électricité avait été coupée. Elle contacta alors Whirlpool pour leur demander d’offrir un lave-linge à l’école.

Ainsi, le projet Care Counts a été lancé dans 18 écoles des quartiers pauvres de St Louis (Missouri) et Fairfield (Californie). Un an après, Whirlpool en communique les premiers résultats : 90% des enfants utilisant les machines viennent plus fréquemment en cours. Dans les groupes d’élèves les plus à risque, ce sont ainsi 2 semaines de cours de gagnées par an. D’autres effets, moins attendus mais tout aussi positifs, ont également été observés : une hausse de la participation en classe et à des activités extra-scolaires et un épanouissement des élèves noté par leurs professeurs.

Ce programme devrait être étendu en 2017 à vingt écoles supplémentaires à Baltimore et Nashville (Tennessee), alors que 300 écoles ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt à travers le pays.

Ce programme montre une fois de plus que les solutions les plus efficaces pour lutter contre l’absentéisme scolaire ne sont pas toujours celles que l’on croit. En 2015, l’UNICEF soulignait que l’absence de toilettes dans les écoles publiques marocaines entrainait l’abandon de l’école des jeunes filles, en période de menstruations ou face à l’obligation de faire leurs besoins à l’air libre comme certains garçons. Il fait également écho aux travaux d’Esther Duflo, qui avait calculé l’impact de traitements vermifuges sur le taux d’absentéisme scolaire au Kenya, pour les enfants traités, mais également pour les enfants des écoles environnantes. Ce programme s’était révélé moins coûteux et plus efficace que beaucoup d’autres dans la lutte contre l’absentéisme scolaire.

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