L’accès à la santé pour les plus modestes : une problématique grandissante en France

Le Secours Populaire Français (SPF) a publié le 6 septembre la dixième édition de son Baromètre de la Pauvreté, en partenariat avec Ipsos. La conclusion de cette enquête est sans appel : face aux difficultés financières, les Français les plus modestes sont de plus en plus nombreux à sacrifier leur santé.

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Le Baromètre, qui dresse le bilan annuel de la précarité en France, a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes en juillet dernier. Cette année, il se concentre particulièrement sur la question de la santé.

Le sondage met en avant des tendance concernant la pauvreté :

  • 55% des Français estiment que leur vie quotidienne est menacée par la pauvreté, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année dernière, mais en forte hausse par rapport à 2007 (45%), avant la crise économique ;
  • 83% des personnes interrogées considèrent que le risque que la génération de leurs enfants connaissent un jour la pauvreté est plus élevé que pour la leur. Ce chiffre est en hausse pour les foyers les plus modestes (dont le revenu mensuel net est inférieur à 1 200 €), puisqu’il est passé de 87% en 2015 à 92% pour ces personnes, qui ont vu leurs conditions de vie se dégrader, selon les données recueillies par SPF ;
  • 38% des sondés déclarent avoir connu la pauvreté, un chiffre en augmentation de 3 points par rapport à l’année dernière, les femmes et les ouvriers et employés étant les plus touchés.

Plus particulièrement, de nombreux Français font face à des difficultés au quotidien, notamment pour le financement des vacances (47% des sondés) et des loisirs (41%) mais aussi des soins de santé. 36% des Français disent en effet faire face à des difficultés pour payer des actes médicaux qui ne sont pas intégralement remboursés par la Sécurité Sociale, un taux qui augmente à 64% pour les foyers les plus modestes. C’est dans les domaines de l’optique et des soins dentaires que les difficultés éprouvées sont les plus criantes : 50% des plus modestes déclarent ainsi avoir retardé ou renoncé à une consultation chez le dentiste et 39% chez l’ophtalmologiste.

Cette réalité est ressentie par l’ensemble des Français, qui sont 68% à estimer que les inégalités pour l’accès à la santé se sont aggravées ces dernières années. SPF lance ainsi un cri d’alarme, soulignant la fragilisation de la société française : « le baromètre 2016 est révélateur des stigmates d’une crise persistante, mais aussi d’une fragilisation de la société française. L’insécurité sociale gagne du terrain et le renoncement aux soins est devenu en 2016 une réalité qui accroît la vulnérabilité des plus pauvres. »

Les résultats de ce sondage ont été corroborés par une nouvelle enquête de l’Insee sur le niveau de vie. Selon cette étude, 8,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2014 (fixé à 1 008 € par mois), soit 14,1% de la population, un chiffre stable par rapport à 2013.

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