Matinale (Re)sources : l’accès aux services essentiels dans les quartiers précaires

Le 21 juin dernier, le think-tank (Re)sources a organisé une matinale autour de la question suivante : « Comment associer les habitants des quartiers informels à l’accès aux services essentiels ? ». La table ronde, qui réunissait Laure Criqui, chercheure en développement urbain international à l’IDDRI et présidente du réseau Projection et Philippe de Roux, co-fondateur de l’ONG Eau&Vie, était animée par l’urbaniste et géographe Guillaume Josse, directeur du Groupe Huit.

Retour sur les grands points abordés lors de cette matinée.

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Dans un contexte de forte croissance urbaine des pays en développement et alors qu’un tiers de la population des pays les plus vulnérables vit dans des conditions précaires, l’accès aux services essentiels se pose de façon accrue.

Selon les intervenants, il s’agit de faire évoluer les modes d’action publique afin d’intégrer les quartiers précaires dans les villes. Ceci nécessite un changement d’approche, loin de l’urbanisme traditionnel, afin de prendre en compte le fait que près de la moitié de la croissance urbaine dans les prochaines décennies aura lieu dans les bidonvilles. Cette intégration est essentielle si l’on considère que l’accès aux services essentiels constitue une amorce de reconnaissance sociale des habitants de ces quartiers.

Les intervenants ont notamment largement traité la question de l’eau. Selon eux, le système des bornes fontaines permet d’apporter une réponse d’urgence dans les quartiers précaires, mais cette solution présente encore des limites (à cause des difficultés de stockage et du temps passé par les personnes pour s’approvisionner en eau notamment). En outre, lorsque le dispositif est géré de façon communautaire, des problèmes de maintenance et de paiement de factures auprès de l’opérateur classique surviennent. Face à ces défis, l’ONG Eau&Vie cherche à connecter les quartiers précaires au réseau général  de la ville en développant un certain « sens du contrat » chez les habitants – par exemple en mettant en place une collecte quotidienne des sommes d’argent dues pour accéder au réseau.

Les intervenants se sont accordés sur le fait que la concertation et l’implication des populations sont essentielles puisqu’elles favorisent leur intégration à la ville et à son organisation politique. Ceci constitue un atout pour les autorités ; la mise en place d’une communication avec ces populations représentant un premier pas vers une normalisation des relations. La participation communautaire comprend toutefois des limites : ces personnes, qui ont souvent plusieurs activités loin de chez elles, manquent de temps pour s’impliquer, participer à des réunions d’information ou des formations. Par ailleurs, bien que des structures intermédiaires doivent être mises en place afin de veiller à l’implication des habitants (dont le rôle éventuel de contre-pouvoir doit être reconnu par l’Etat), il ne s’agit pas non plus que les autorités se désengagent, en laissant la charge des travaux aux communautés.

Pour en savoir plus :

  • Pour retrouver le résumé des débats, cliquez ici.
  • Pour retrouver l’interview de Guillaume Josse, directeur du Groupe Huit sur le sujet, cliquez ici.
  • Pour retrouver le podcast de l’émission « 7 milliards de voisins » sur RFI qui a repris le sujet le 21 juin, cliquez ici.
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