L’OIT appelle à transformer l’emploi pour éradiquer la pauvreté

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a présenté le 18 mai 2016 à Genève un nouveau rapport intitulé Transformer l’emploi pour en finir avec la pauvretéPour l’OIT, l’atteinte des objectifs d’élimination de la pauvreté à l’horizon 2030 – définis dans les Objectifs de Développement Durable – est pour le moment compromise du fait de la pénurie d’emplois de qualité au niveau mondial.

OIT, travail décent

Malgré des avancées importantes ces deux dernières décennies en matière de réduction de la pauvreté dans la majorité des pays, notamment en Chine et en Amérique latine, ces avancées restent inégales et fragiles. L’OIT note que la prévalence de la pauvreté reste élevée en Afrique et dans certains pays asiatiques, et qu’elle a progressé dans les pays développés, notamment en Europe, assortie d’un accroissement des inégalités.

Le seul fait de travailler ne représenterait pas une garantie contre la pauvreté: plus d’un tiers des habitants pauvres des pays émergents et en développement sont pourvus d’un emploi, une proportion qui atteint 80% dans les pays développés. Dans la continuité de son rapport de 2015 qui prônait une meilleure prise en compte des formes d’emploi informels et précaires, l’OIT rappelle l’importance de tenir compte des évolutions actuelles du monde du travail, et le risque que ces évolutions représentent pour les populations les plus vulnérables qui ne disposent pas forcément des outils nécessaires pour en tirer partie.

Le rapport souligne l’existence de trois obstacles structurels freinant la réduction de la pauvreté :

  • Une croissance non inclusive, qui ne bénéficie pas ou peu aux plus pauvres, notamment dans les pays exportateurs de produits primaires et de ressources naturelles
  • L’inégalité croissante des revenus dans le monde, qui a un impact négatif sur la réduction de la pauvreté en canalisant les retombées de la croissance vers les plus riches
  • Un cadre institutionnel faible qui tend à marginaliser les groupes vulnérables, à la fois dans les pays en développement et dans les pays développés.

L’OIT estime à près de dix mille milliards de dollars la somme nécessaire pour éradiquer la pauvreté, un montant trop élevé pour être financé uniquement par des aides et des transferts sociaux. Selon l’OIT, la généralisation du travail décent et l’amélioration de la capacité des entreprises à créer des emplois de qualité, sont des conditions nécessaires pour l’éradiquer la pauvreté, en renforçant la capacité des individus à subvenir à leurs propres besoins. Le rapport propose une série de mesures allant dans ce sens pour guider les pays dans l’adoption de stratégies efficaces et encourage la poursuite de politiques sociales ciblées.

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