« L’argent des Africains » : l’enquête de Jeune Afrique

Depuis juillet 2015, le magazine Jeune Afrique alimente une rubrique intitulée « L’argent des Africains » qui dresse, chaque semaine, le portrait d’Africains issus de milieux et d’horizons géographiques variés, à travers la gestion de leur budget.

Article_argent des Africains

L’objectif de cette série d’articles consiste à retracer le quotidien de ces personnes – à travers une analyse précise de leur portefeuille : combien d’argent gagnent-elles, comment le gagnent-elles et comment le dépensent-elles.

La grande variété des témoignages et des lieux dans lesquels ils sont recueillis donne à voir la richesse du continent africain – de Ditspoé, domestique au Togo à Pascal, prof de maths et informaticien en RDC, en passant par Linda, preneuse de paris au Gabon, Gloria, infirmière dans un centre hospitalier en RDC, Abdallah, doctorant tchadien au Cameroun, Carl, cadre dans une ONG en RDC, Stanislas, comédien au Burundi ou encore Saïd, imam au Maroc…

Nous vous proposons de découvrir ici deux portraits :

  • Francis, 30 ans, étudiant et vendeur de cartes téléphoniques prépayées, Brazzaville (République du Congo)

Francis jongle entre ses cours à l’Université Marien Ngouabi, où il est en dernières année de licence lettres et sciences humaines, et la vente ambulante de cartes téléphoniques prépayées. Les cartes lui sont avancées par un homme d’affaires avec lequel il a signé un contrat, et qu’il lui rembourse une fois vendues. Ce travail lui rapporte 25 000 francs CFA par mois, soit 38 €. Alors que les parents de Francis payent ses frais de scolarité, ce complément lui permet de subvenir à ses besoins, voire de mettre un peu d’argent de côté. Il répartit ses dépenses mensuelles ainsi : 7 € pour se nourrir, en plus de ce que ses parents lui donnent ; 9 € par mois pour ses déplacements en transport en commun ; 11 € pour ses dépenses vestimentaires et de loisirs, un plafond qu’il se contraint à respecter ; 11 € d’épargne.

  • Amandine, 26 ans, mécanicienne dans une mine d’or (Burkina Faso)

Amandine gagne 710 000 francs CFA par mois, soit 1 080 €. La jeune femme a d’abord travaillé dans la mine en tant que mécanicienne pour camions, et maintenant comme « fiabiliste », afin d’assurer que les machines fonctionnent correctement. Son salaire, très important pour le Burkina Faso, compense un rythme de travail fatiguant : une semaine sur deux sur son lieu de travail, l’autre chez ses parents à Ouagadougou. Le travail d’Amandine est éprouvant physiquement, dans un milieu composé presqu’exclusivement d’hommes. Elle répartit son salaire de la façon suivante (sachant que les frais de logement et de nourriture sont pris en charge par la mine) : 300 € versés à sa famille, afin de participer aux dépenses domestiques et financer les frais de scolarité de son frère et les préparatifs du mariage de sa sœur ; 100 € versés à l’église ; 40 € de dépenses vestimentaires ; 600 € d’épargne, placés sur un compte pour, plus tard, pouvoir construire son propre garage.

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