La « Good Enough Innovation » décryptée par Sanjeev Rao et David Ménascé

Dans le cadre de la 4ème édition des Matinales de (Re)sources, think-tank dédié à l’accès aux services essentiels dans les pays en développement, David Ménascé, directeur associé d’AZAO et professeur au sein de la chaire Social Business / Entreprise et Pauvreté d’HEC Paris, et Sanjeev Rao, directeur du cabinet de conseil indien Sattva se sont exprimés sur le thème de la « Good Enough Innovation ». Ces échanges ont été retranscrits dans une interview, publiée par le blog Idées pour le Développement/ID4D animé par l’Agence Française de Développement.

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David Ménascé rappelle que la plupart des entreprises souhaitant investir sur les marchés BoP font souvent face à deux types d’écueils en matière d’innovation : soit, elles proposent des innovations trop sophistiquées, qui ne répondent pas aux besoins et aux usages locaux, soit, à l’inverse, elles simplifient à l’extrême leurs produits, afin de respecter leurs contraintes de coûts – au risque de proposer des produits dégradés, considérés par les populations ciblées comme des « produits pour pauvres », par essence très peu aspirationnels.

Dans ce contexte, David Ménascé prône le recours à une nouvelle forme d’innovation, qu’il baptise « Good Enough Innovation« . Cette innovation consiste à trouver un équilibre entre simplicité et aspiration : « il y a un équilibre difficile à atteindre : proposer des produits à la fois abordables – c’est-à-dire assez simples pour qu’ils coûtent peu – tout en étant aspirationnels, c’est-à-dire devant être positionnés comme premium au regard des usages locaux« .

Selon lui, trois facteurs clés de succès doivent être réunis pour atteindre cet objectif :

  • Comprendre le cadre de référence d’un produit, c’est à dire son univers concurrentiel. Sur ces marchés, la référence est très rarement un produit similaire. David Ménascé donne l’exemple de la micro-assurance, dont le concurrent n’est généralement pas un autre produit de micro-assurance, mais la solidarité familiale.
  • Appréhender les besoins mais aussi les aspirations des consommateurs : au delà de l’impact social, il faut bien veiller à prendre en compte les aspirations des consommateurs BoP – qui sont souvent les mêmes que celles d’un consommateur classique…
  • Imaginer les structures organisationnelles et le profil d’intrapreneur capable de remettre en cause les dogmes d’une organisation pour proposer des innovations de rupture adaptées à ces marchés.

Pour retrouver l’intégralité de l’interview de David Ménascé, cliquez ici.

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