Les populations vulnérables victimes du changement climatique

Trois semaines avant le lancement de la COP21, la Banque Mondiale a publié un nouveau rapport sur les conséquences du changement climatique sur les populations les plus vulnérables. Selon l’étude, si rien n’est fait dès maintenant, 100 millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de pauvreté d’ici à 2030, à cause des effets du changement climatique.

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Selon les résultats de l’étude, menée dans 92 pays d’Afrique, d’Amérique et d’Asie, les populations les plus pauvres sont les plus touchées par les catastrophes naturelles. En Afrique du Nord par exemple, si les problèmes climatiques impactent 20% de la population dans les tranches élevées, ils touchent plus de la moitié des 30% les plus démunis. De même, en Indonésie, les populations les plus pauvres – qui vivent dans des conditions précaires et souvent insalubres – sont 30% plus exposées aux inondations et 50% plus susceptibles de subir une sécheresse.

« Les plus pauvres sont non seulement plus exposés mais ils perdent beaucoup plus quand ils sont frappés par ces fléaux. Car leur patrimoine, qui n’est pas placé sur un compte bancaire mais se résume souvent à du bétail ou à leur logement, est beaucoup plus vulnérable et peut être complètement détruit lors d’un choc » a ajouté Stéphane Hallegatte, l’économiste de la Banque Mondiale en charge du rapport. Il a également précisé que les catastrophes naturelles ont des conséquences dramatiques à plus long terme sur le niveau de vie, la santé et l’éducation : « par exemple, 30 % des enfants mexicains retirés de manière temporaire de l’école suite aux inondations n’y retournent jamais ». Par ailleurs, le rapport montre que les ménages les plus pauvres ressentent d’autant plus les impacts des mauvaises récoltes et la hausse des prix alimentaires due aux catastrophes climatiques, dans la mesure où ils dépendant majoritairement de l’agriculture et consacrent une large part de leur revenu à l’alimentation. Par ailleurs, ces populations sont rarement couvertes par une assurance maladie et n’ont pas suffisamment d’économies pour amortir « les chocs importants ».

Face à ces constats, la Banque Mondiale a appelé à un renforcement des systèmes de protection sociale, pouvant faire office d’assurance lors de catastrophes naturelles. L’organisme international a également appelé à ce que la mise en œuvre de politiques de développement atténuant la vulnérabilité des plus pauvres face au changement climatique soit étroitement liée à des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre : « une taxe carbone, même modeste, à 10 dollars la tonne, permettrait (par exemple) d’intensifier considérablement, de 50 %, la protection sociale. Ou de financer d’autres investissements – comme l’accès à l’eau, à l’assainissement ou à l’énergie moderne – qui profitent aux gens pauvres ».

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