L’extrême pauvreté passera sous la barre des 10% d’ici 2016

Début octobre, la Banque Mondiale a publié un rapport selon lequel l’année 2015 devrait enregistrer un record en matière de lutte contre la pauvreté dans le monde. En effet, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté devrait passer sous la barre des 10% de la population mondiale9,6% plus exactement), passant de 902 millions de personnes à 702 millions entre 2012 et 2015.

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« C’est la meilleure nouvelle pour notre monde actuel, puisque ces prévisions prouvent que nous sommes la première génération de toute l’histoire de l’humanité en mesure de mettre fin à l’extrême pauvreté », s’est réjoui le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim. Cette nouvelle est d’autant plus positive que la Banque Mondiale a pris en compte, dans ces calculs, le relèvement du seuil de pauvreté mondial, passé de 1,25 dollar par jour à 1,90. Le dirigeant espère que ces pronostics donneront un nouvel élan à la communauté internationale pour la mise en oeuvre des Objectifs de Développement Durable adoptés fin septembre – et qui incluent notamment l’éradication de l’extrême pauvreté.

Selon l’étude, il existe tout de même de grandes disparités entre les régions :  l’Afrique Subsaharienne abritant 35,2% des populations les plus pauvres, reste la zone la plus touchée par ce fléau. « Tandis que certains pays d’Afrique sont parvenus à faire reculer la pauvreté, la région dans son ensemble a pris du retard par rapport au reste du monde », a commenté l’institution. La Banque Mondiale met par ailleurs en garde contre un retournement de la croissance dans les pays émergents, qui montre des signes d’essoufflement après avoir porté l’économie mondiale pendant la crise financière de 2008-2009.

Si ces chiffres ont été globalement bien reçus, certains acteurs, dont le magazine l’Expansion, ont contesté ces données qui « [dissimuleraient] néanmoins plusieurs problèmes » :

  • Les chiffres ne prennent pas compte la pauvreté relative, en particulier dans les pays développés où le seuil en valeur absolue est beaucoup plus élevé ;
  • La valeur monétaire est insuffisante pour refléter toutes les dimensions de la pauvreté. En juin 2014, l’indicateur monétaire de la Banque Mondiale avait déjà été critiqué par le centre de recherche de l’université d’Oxford, qui recensait 400 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté en plus de ce qu’estimait la Banque Mondiale en 2010 ;
  • Le seuil de pauvreté ne prend pas en compte la diversité des situations, entre une personne très proche de ce seuil et une autre très en dessous par exemple.

Suite à ces critiques portées depuis déjà quelques années envers les indicateurs de la Banque Mondiale, une commission de l’institution travaille actuellement sur la construction d’un nouvel indicateur multidimensionnel prenant notamment en considération l’accès à l’éducation, à l’eau, à la santé et à l’électricité. Cette commission devrait rendre ses recommandations au printemps 2016.

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