La déclaration de naissances par SMS voit le jour au Burkina Faso

En août dernier, des chercheurs ont annoncé que la déclaration de naissances par SMS serait bientôt possible au Burkina Faso. L’ingénieur burkinabè Adama Sawagodo et son homologue français Francis Bourrières ont en effet développé un système par lequel il est possible d’enregistrer par SMS les données de chaque nouveau-né auprès de l’état civil. Cela constitue une réponse révolutionnaire et prometteuse aux difficultés d’identification et d’enregistrement des naissances en Afrique.

Capture-cran-site-l-application-Icivil

Le dispositif, baptisé « Icivil », repose sur un système relativement simple : les données de chaque nouveau-né sont transférées par SMS depuis le téléphone portable d’un agent de santé au serveur du centre d’état civil relevant de sa commune, après couplage à un authentifiant unique et infalsifiable. Afin de récupérer l’acte de naissance, les parents n’ont plus qu’à présenter un bracelet nommé «Token », remis par le centre de santé le jour de l’accouchement. 

Convaincu des avantages d’un tel dispositif, le Ministère en charge du Développement de l’Économie numérique et des postes a décidé de déployer Icivil à l’échelle du Burkina Faso. Ce système pourrait en effet répondre aux problèmes d’identification auxquels fait face le pays, où 60% des naissances en milieu urbain et 90% en milieu rural ne sont pas inscrites au registre d’état civil. Selon ses promoteurs, la déclaration des naissances par SMS permettra également d’améliorer l’accès à l’éducation. En effet, pour l’instant, « il arrive souvent qu’il manque une pièce d’état civil à un jeune pour passer un examen car seule une naissance sur quatre est déclarée », selon Pape Kane Diallo, directeur d’Aide et Action Afrique de l’Ouest.

Cependant, comme l’indique l’UNICEF, ce système présente encore quelques limites. Il ne répond ni aux difficultés liées au manque d’accès aux centres de santé, ni à l’usage exclusif des langues officielles dans les formulaires administratifs. De plus, certaines pratiques culturelles peuvent laisser un nouveau-né sans nom pendant plusieurs jours. L’impact réel de « Icivil » sur l’enregistrement des naissances est donc encore incertain, mais si l’application parvient à faire ses preuves, elle pourrait être exportée dans d’autres pays africains.

Il est intéressant de noter que ce projet fait écho à la volonté de nombreux pays émergents d’optimiser leur état civil grâce aux nouvelles technologies. L’initiative la plus ambitieuse en la matière est certainement celle de l’Inde, qui a décidé en 2010 de lancer un vaste programme consistant à doter ses 1,2 milliard d’habitants d’un état civil numérique et biométrique (projet e-Aadhaar).

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