« La France du Bon Coin » : une nouvelle étude pour comprendre la révolution du jobbing

Le think tank l’Institut de l’Entreprise a publié au début du mois de septembre 2015 une nouvelle note, écrite par David Menascé, cofondateur du cabinet de conseil Azao, visant à décrypter l’essor des plateformes de jobbing qui permettent de mettre en relation des personnes à la recherche de nouvelles opportunités économiques avec des consommateurs en quête de petits services du quotidien (ménage, bricolage, petites livraisons, etc.).

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Basée sur l’analyse de données macroéconomiques, l’étude du fonctionnement de ces plateformes et une enquête qualitative réalisée auprès de 50 personnes inscrites sur ce type de sites (du Bon Coin à Uber en passant par des sites tels que Youpijob, Hassle ou encore Helpling), l’étude permet de comprendre la diversité des motivations et des profils de ces nouveaux prestataires de services 2.0 ainsi que les opportunités et les risques potentiels que ces plateformes digitales font émerger.

Trois évolutions structurantes expliquent le nombre croissant de personnes souhaitant arrondir leurs fins de mois ou gagner leur vie en proposant leurs services pour des missions ponctuelles sur des plateformes de jobbing :

  • La dégradation progressive du marché de l’emploi, notamment pour les moins qualifiés, qui oblige un nombre important d’individus à trouver de nouvelles formes d’activité économique, et à choisir le micro-entrepreneuriat ;
  • L’évolution des cadres juridique et règlementaire ayant introduit plus de flexibilité à travers notamment la création en 2008 du statut d’auto-entrepreneur simplifiant les démarches administratives liées à l’entrepreneuriat et permettant de concilier plusieurs activités et cumuler les sources de revenus ;
  • La révolution technologique ayant permis la digitalisation des rapports marchands et l’accessibilité croissante des technologies.

A l’échelle individuelle, l’étude qualitative réalisée à la fin de l’année 2014 révèle les motivations et les profils très diversifiés de ces nouveaux micro-entrepreneurs : de salariés en CDD ou CDI à la recherche de compléments de revenus à des prestataires quasi-franchisés exerçant cette activité à temps plein en passant par des profils plus vulnérables (bénéficiaires des minima sociaux, sans papiers, etc.).

Si elles ne constituent pas « un remède universel à la crise de l’emploi », les plateformes digitales de jobbing permettent indéniablement un accès au marché ouvert à tous. La vulnérabilité de certains profils de prestataires doit toutefois amener à une réflexion visant à optimiser le potentiel et l’utilité sociale de ces plateformes. Pour ce faire, l’auteur identifie quatre grandes recommandations :

  • Créer les conditions de la confiance en reconnaissant mieux cette nouvelle économie de service : notation réciproque des prestataires et des clients, vérification de l’identité des utilisateurs, etc.;
  • Assurer un meilleur cadre juridique pour les prestataires de services : lisibilité et stabilité du statut d’auto-entrepreneur, réflexion sur la création d’un statut hybride dépassant le cadre binaire salarié/ indépendant, nouvelles formes de dialogue social, etc.;
  • Permettre à chaque prestataire de services de profiter au mieux des opportunités : réflexions autour des possibilités de micro-crédit et micro-assurance, juste rémunération, etc.;
  • Lancer la réflexion sur le partage de la valeur ajoutée pour les acteurs de l’économie collaborative.
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