Premier anniversaire de « La France s’engage » : bilan et perspectives

En juin 2015, le programme présidentiel « La France s’engage » (LFSE) a fêté son premier anniversaire. Alors que François Hollande a fait de l’engagement associatif la « grande cause nationale » de l’année 2014, ce dispositif avait été lancé pour soutenir des initiatives socialement innovantes en France. Un an après, le bilan est plutôt positif et le projet se déploie désormais au-delà des frontières nationales.

LFSE

Le principe de « La France s’engage » repose sur l’octroi d’un « label présidentiel » à des entrepreneurs qui cherchent à répondre à un besoin social ou dont l’activité est fondée sur un modèle solidaire. Les entrepreneurs peuvent déposer leur candidature tout au long de l’année et quinze lauréats sont récompensés tous les six mois. Trois d’entre eux sont élus par le public via la plateforme lafrancesengage.fr et les 12 autres sont sélectionnés par le président de la République.

La nomination des projets repose sur trois principaux critères :

  1. Le caractère innovant des projets ;
  2. Les possibilités de développement et de duplication ;
  3. L’utilité sociale des projets (ce qui nécessite notamment de pouvoir évaluer leur impact social) ;

L’objectif fixé par la LFSE est de soutenir 90 initiatives socialement innovantes d’ici 2017 via un fonds de 50 millions d’euros (dont 16,8 millions sont financés par la fondation Total, principal partenaire du projet). Une fois sélectionnées, les initiatives bénéficient d’un accompagnement financier (tous les lauréats peuvent bénéficier d’une aide financière qui varie en fonction des besoins du projet –  pour l’instant, les sommes ont varié de 150 000 à 750 000 euros) et d’un accompagnement technique.

Au delà de ce soutien, le dispositif LSFE représente un important levier de notoriété et de légitimité pour les lauréats. A titre d’exemple, la directrice générale de L’Agence du don en nature, structure lauréate de la première édition qui collecte des produits neufs non-alimentaires invendus pour les redistribuer aux personnes en situation précaire, a déclaré que « La France s’engage [leur] a apporté́ un réel coup de projecteur médiatique nécessaire pour [se] faire connaître auprès des entreprises ». De même, soulignant les contacts auxquels donne accès le label, le cofondateur de Simplon, école de formation gratuite destinée aux jeunes défavorisés, a affirmé que le fait d’être lauréat de LFSE leur permet de bénéficier d’une « écoute particulière » auprès des pouvoirs publics, notamment auprès des préfectures.

Moins d’un an après le lancement du programme en France, la déclinaison de l’initiative présidentielle à l’international a été annoncée en avril 2015 sous le nom de « La France s’engage au Sud ». Il s’agit également de soutenir les projets socialement innovants en Afrique, Moyen-Orient, Amérique Latine et Asie afin de « leur [apporter] visibilité et partenariats afin qu’ils se développent et bénéficient à de plus en plus de citoyens en changeant d’échelle ». Deux critères de sélection supplémentaires sont pris en compte pour les projets à l’international : les résultats et la pérennité ainsi que les partenariats déjà engagés. Le montant alloué à cette déclinaison est inférieur au programme national : 500 000 euros seront versés chaque année pour soutenir les entrepreneurs dans les pays du Sud.

Publicités