Premier bilan positif pour le Compte-Nickel

Un peu plus d’un an après le lancement du Compte-Nickel (voir article de l’Observatoire du BoP), un service financier innovant destiné aux populations les plus fragiles, le premier bilan du projet s’avère positif. Alors que l’initiative vise à offrir « un compte sans banque pour ceux qui ne veulent plus des banques ou dont les banques ne veulent plus » et faciliter ainsi l’accès aux services financiers aux 1% des Français non-bancarisés, plus de 100 000 personnes y ont adhéré et ses fondateurs affichent des perspectives ambitieuses.

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Si les initiatives d’inclusion bancaire se développent de plus en plus en France, le Compte-Nickel présente l’avantage de proposer une offre non discriminante s’adressant « à tout le monde ». Etant donné que le Comte-Nickel ne permet pas de découvert et n’octroie pas de crédit, aucune fiche de paie n’est demandée lors de l’ouverture – réalisée en quelques minutes dans les bureaux de tabac partenaires – et les fondateurs s’enorgueillissent d’être « moins intrusifs que les banques ». Ils prônent ainsi une approche inclusive en s’adressant aux consommateurs jugés à risque par les banques. Par ailleurs, les buralistes y trouvent également de nombreux avantages : pour chaque dossier ouvert, ils reçoivent 3€ et sont ensuite rémunérés pour chaque retrait et dépôt effectué. Ainsi, un buraliste ouvrant un compte par jour peut gagner, au bout de 3 ans, plus de 640€ par mois.

Fin avril 2015, 100 000 clients fragiles et 1000 bureaux de tabac partenaires avaient déjà été convaincus par l’initiative. Au cours des trois premiers mois de l’année 2015, 27 000 personnes y ont adhéré, soit trois fois plus qu’au cours du premier trimestre de 2014. Parmi ces clients, 25% sont sans emploi et 15% touchent un salaire net inférieur à 1000€ par mois. En moyenne, ils réalisent 30 retraits et 4 dépôts par an (d’un montant moyen de 134€). Selon le  comparateur Choisir-ma-banque.com, le coût annuel moyen d’un Compte-Nickel oscille entre 30 et 50€, soit presque trois fois moins que pour une banque classique

Face à ces résultats, les fondateurs du Compte-Nickel se montrent assez optimistes et espèrent atteindre 220 000 clients d’ici la fin de l’année. Si 3/4 des clients utilisent le Compte-Nickel comme compte principal, d’autres types d’usages commencent à se profiler. Par exemple, la carte est souvent utilisée comme second moyen de paiement pour des dépenses communes (couple, colocation, etc.) et une offre destinée aux enfants de plus de 12 ans sera lancée cet automne.

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