L’Asie du Sud-Est et les villes : des endroits où il est particulièrement difficile d’être une femme

En mai dernier, l’ONG Save the Children a publié son rapport annuel intitulé « State of the World’s Mothers« , qui classe 179 pays selon les conditions de vie et le niveau de bien-être des mères de famille. Deux points à retenir de cette édition 2015 : (1) l’Asie du Sud-Est est l’une des régions au monde où il est le plus difficile d’être une femme, et (2) les conditions de vie des femmes sont particulièrement difficiles en zone urbaine.

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Le classement “Mothers’ Index” de Save the Children repose sur plusieurs critères, qui permettent d’évaluer, de manière assez transversale, le bien-être d’une femme :

  • Grossesse et accouchement : risque de décès maternel, espacement des naissances, bien-être des nouveaux-nés, soins reçus par la mère après avoir donné la vie, etc.
  • Système de santé : qualité et accès aux systèmes de soin
  • Système éducatif
  • Niveau de revenus des mères de famille
  • Statut politique des femmes et  participation dans la vie politique

Si le bas du classement est occupé par des pays africains et/ou des pays en conflit (Somalie, RDC, République Centrafricaine, Mali, Niger, Gambie, Côte d’Ivoire), il est intéressant de souligner que les pays du Sud-Est asiatique sont également à la traîne : l’Inde, par exemple, est classée 140ème sur 179 pays alors que la Chine occupe la 61ème place du classement. La condition des femmes en Asie du Sud-Est est assez paradoxale : alors qu’elles jouent, plus que dans d’autres régions du monde, un rôle très important en politique (l’Inde, le Sri Lanka ou encore le Bangladesh ont connu des femmes à la tête de leur gouvernement par exemple), la condition des femmes « lambda » est bien différente.  Selon The Economist, qui a consacré un article à ce sujet la semaine dernière, l’une des raisons pouvant expliquer cette mauvaise performance est le faible budget alloué par les gouvernements du Sud-Est asiatique aux politiques de santé, notamment aux soins maternels. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, si les Etats-Unis dépensent USD$8500 dans la santé d’une personne chaque année, cette somme chute à USD$50 en Asie du Sud-Est. Les faibles ressources consacrées à la santé ne sont pas le seul fardeau de la région : les inégalités d’accès aux soins sont aussi très fortes. En Inde, seules 19% des femmes bénéficient d’une aide-soignante au moment de l’accouchement et environ 3/5 des enfants souffrent de retards de croissance (stunting).

Par ailleurs, il est intéressant de noter que Save the Children met pour la première fois l’accent sur les difficultés rencontrées par les femmes qui vivent en ville. Intitulé « The Urban Disadvantage« , le rapport 2015 souligne que la situation des femmes est parfois pire en zone urbaine (notamment dans les bidonvilles) qu’en zone rurale. Alors que les mères (notamment les plus pauvres et vulnérables) sont de plus en plus nombreuses à élever leurs enfants en ville, l’ONG tire la sonnette d’alarme sur leurs conditions de vie. A titre d’exemple, à l’échelle globale, les enfants les plus pauvres qui vivent en ville ont deux fois plus de risques de mourir que les enfants les plus riches. Si les capitales des pays émergents sont particulièrement touchées, les villes des pays du Nord ne sont pas épargnées. A titre d’exemple, Washington bat le record de mortalité infantile parmi les 24 capitales les plus riches, avec 7,9 décès sur 1 000 naissances, contre moins de 2 sur 1 000 à Stockholm ou à Oslo.

Pour retrouver l’intégralité du rapport, cliquez ici.

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