La pauvreté se concentre dans les villes-centres selon l’Insee

Selon une nouvelle étude publiée par l’INSEE aujourd’hui, la pauvreté se concentrerait davantage dans les « villes-centres » des grands pôles urbains. Cette nouvelle étude contredit ainsi la thèse de Christophe Guilluy selon laquelle la pauvreté en France serait plus élevée dans les zones périphériques, par opposition aux métropoles (cf. ouvrage intitulé « La France périphérique » publié en 2014).

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La nouvelle étude de l’Insee aborde la question de la pauvreté sous un angle nouveau : pour la première fois, l’Insee a utilisé des données sur le « revenu disponible » et la « pauvreté monétaire », tant au niveau communal qu’au niveau départemental et national, afin de mieux évaluer le niveau de pauvreté. En effet, grâce à l’utilisation du dispositif FiLoSoFi (Fichier localisé social et fiscal) regroupant les données de 2012, l’Insee a pu estimer le « revenu disponible » des ménages, à savoir le « revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner » qui comprend les revenus d’activité, les revenus de remplacement (pensions, indemnités, etc.), les revenus du patrimoine et les prestations sociales reçues. Etant donné que le dispositif permet d’observer les données jusqu’au niveau communal, il offre, selon l’Insee, « une nouvelle lecture de la carte des revenus, des inégalités et de la pauvreté monétaire » des ménages français.

L’étude livre quatre grands enseignements :

  1. Une pauvreté plus présente dans les villes-centres des grands pôles urbains que dans les banlieues et couronnes péri-urbaines. 20% des ménages habitant les cœurs d’agglomération aurait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (estimé à 11 871€ en France en 2012, soit 990€ par mois), contre 14% dans les banlieues et 10% dans les grandes couronnes.
  2. Un taux de pauvreté plus élevé au Nord et au Sud-Est de la France. La part de la population dont le niveau de vie est en deçà du seuil de pauvreté est la plus élevée dans le Nord-Pas-de-Calais (20%) ainsi qu’en Corse et en Languedoc-Roussillon (entre 18 et 23%). Au contraire, la Bretagne et les Pays de la Loire présentent les taux les plus faibles, inférieurs à 11%.
  3. Une pauvreté qui touche davantage les familles monoparentales, les familles nombreuses et les ménages jeunes (référent fiscal âgé de moins de 30 ans). Dans les cœurs d’agglomérations, 35%, 37% et 27% des catégories ci-dessus vivent respectivement en-dessous du seuil de pauvreté.
  4. Des inégalités qui touchent particulièrement les villes-centres:

    • Si sur l’ensemble de la population, les 10 % de personnes les plus aisées ont en moyenne un niveau de vie 3,5 fois plus élevé que celui des 10% les moins aisés, ce rapport augmente à 4,4 dans les villes-centres et jusqu’à 6,7 à Paris.
    • Dans les cœurs urbains, les prestations sociales représentent en moyenne 42% du revenu disponible des 10% de personnes les moins aisées, alors qu’à l’inverse, pour les 10% les plus riches, la part des revenus du patrimoine représente 30% du revenu.

Pour retrouver l’intégralité de l’étude, cliquez ici.

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