Le nouveau projet Financial Diaries au Kenya

Après le Bangladesh, l’Inde, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis, l’initiative Financial Diaries continue d’être répliquée à travers le monde. Une nouvelle étude menée au Kenya a permis de mettre en exergue les comportements financiers spécifiques aux consommateurs à bas revenus kényans. Ces résultats permettent ainsi d’approfondir la connaissance de la gestion financière par les populations précaires.

Le projet Kenya Financial Diaries a été mené par FSD Kenya entre juin 2012 et octobre 2013 auprès de 300 ménages, selon la méthodologie développée dans le cadre du projet de recherche Portfolios of the Poors. Parmi les ménages étudiés, 95% vivent avec moins de $5 par jour et 72% vivent sous le seuil de pauvreté (moins de $2 par jour).

L’organisation met ainsi en avant cinq « faits surprenants » concernant la gestion financière par les ménages pauvres :

  1. Des sources de revenus variées et fluctuantes
    Le ménage médian dispose de dix sources de revenus différentes (agriculture, travail temporaire, proches, etc.). La volatilité des revenus complexifie la mise en œuvre d’une stratégie financière à moyen/long terme et induit des arbitrages financiers journaliers.
  2. Le recours à de nombreux outils financiers, garants d’une certaine flexibilité
    Le ménage médian utilise 14 outils financiers différents pour gérer ses revenus. Il peut s’agir de moyens technologiques, comme les transferts d’argent par téléphonie mobile, ou traditionnels, tels l’octroi d’un crédit dans une échoppe de proximité ou le recours informel à des associations d’épargne rotative et de crédit (ROSCAs).
  3. Des ressources « actives »
    Les ressources doivent constamment être « utiles », pour soi ou pour une personne de la communauté. Cette valeur socio-économique des revenus importe plus que la liquidité. Ainsi, les comptes épargnes sont considérés par beaucoup comme de l’argent dormant et sont peu plébiscités.
  4. Des économies majoritairement conservées sur des comptes informels
    Cette réalité fait écho au manque de confiance envers les banques mais aussi à la faible flexibilité offerte par les institutions financières, contrairement aux réseaux communautaires.
  5. Une épargne non nécessairement disponible au moment voulu
    Les économies des ménages à bas revenus sont souvent peu liquides. Aussi, même s’il a épargné, un ménage ne pourra pas forcément faire face à une situation d’urgence ou répondre à un besoin basique (se soigner, se nourrir, s’éduquer).

Le rapport de l’étude a notamment été analysé par l’ONG Ashoka, qui rappelle l’importance de prendre en compte les mécanismes informels et communautaires auxquels ont recours ces ménages, pour pouvoir concevoir des outils financiers adaptés à leurs besoins.

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