1424€ par mois : le budget minimum pour vivre décemment

Selon une étude de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale publiée le 6 mars, 1424€ serait le budget minimum nécessaire à une personne seule pour vivre décemment en logement social dans une ville moyenne (1 571€ dans un logement du parc privé). Le montant s’élève à 3284€ pour une famille composée d’un couple avec deux enfants (3 515€  dans le privé). D’après ces budgets, 95% des familles monoparentales ne disposent pas de ce « revenu minimum décent ».

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Cette étude a été menée dans le cadre d’une initiative européenne  visant à déterminer « un Revenu de Base Inconditionnel » (RBI). Ce revenu doit permettre « d’offrir à chaque personne dans l’UE le droit inconditionnel à la sécurité de ses besoins matériels de base propre à lui assurer une vie en dignité selon les termes des traités de l’UE».

Afin d’évaluer ces « budgets de référence », l’Observatoire a réalisé l’étude sur deux villes françaises de taille moyenne ; Tours et Dijon. Pour ce faire, il a fallu déterminer, avec l’aide d’experts et de citoyens, les paniers de biens et services nécessaires pour « une participation effective à la vie sociale ». Entre autres:

  • Couvrir les dépenses « essentielles » : alimentation, habillement, soins et hygiène, etc.
  • Disposer d’une chambre pour chaque enfant de sexe différent et de plus de 6 ans – d’une chambre d’amis pour les retraités
  • Avoir une voiture (d’occasion)
  • Avoir les moyens de partir en vacances (deux semaines par an pour les actifs avec enfants, une semaine pour les retraités et les actifs sans enfant)
  • Pouvoir pratiquer des activités culturelles et sportives
  • Etc.

L’étude a ainsi permis de déterminer la part des ménages en situation financière tendue.

  • Les familles monoparentales (95% d’entre elles ont un budget insuffisant pour avoir « une participation effective à la vie sociale ») : d’après les chiffres de l’étude, les familles monoparentales sont en effet soit pauvres (55%), soit disposent de moyens insuffisants pour vivre décemment (40%).
  • Les retraités seuls (59%): 14% d’entre eux sont pauvres et 45% sont en risque de restrictions.
  • Les couples avec deux enfants (36%): 12% des couples avec deux enfants vivent sous le seuil de pauvreté et 24% doivent s’imposer des restrictions.
  • Les couples d’actifs sans enfant apparaissent comme la catégorie de ménages la mieux lotie.  En effet, seuls 12% d’entre eux n’atteignent pas le budget de référence – 5% vivent sous le seuil de pauvreté et 7% doivent renoncer à biens et services jugés comme relevant d’un besoin minimum.
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