« B-Corp » : un label qui séduit de plus en plus

Créé en 2006 par l’ONG américaine B-Lab, le label B-Corp est une certification accordée à des entreprises répondant à des critères exigeants en matière de performances environnementale et sociale, mais aussi de comptabilité et de transparence. Face au succès rencontré par cette initiative auprès des entreprises américaines, le mouvement B-Corp est en train de passer du monde associatif à la sphère législative.

Le processus de labellisation « B-Corp » se fait en deux étapes :

  • L’entreprise s’auto-évalue grâce à un questionnaire en ligne, sur ses pratiques  en matière d’emploi, de gouvernance, de relations avec les parties prenantes et d’impact environnemental.
  • Un mécanisme de contrôle strict, notamment de vérification des réponses apportées, permet de valider la certification de l’entreprise si elle atteint un certain score.

Une fois le label obtenu, l’entreprise s’engage dans une démarche dynamique d’amélioration continue (conseils sur les points d’améliorations, audits aléatoires réalisés sur 10% des entreprises labellisées chaque année, publication en ligne des résultats du processus de labellisation, etc.).

À ce jour, plus de 1 200 entreprises établies dans 38 pays font partie de la communauté B-Lab. Il s’agit à la fois de PME et d’entreprises multinationales telles Patagonia ou Ben & Jerry’s. Lors du forum de Davos en décembre dernier, Paul Polman, PDG d’Unilever, a notamment annoncé son souhait de rejoindre le label.

Face à ce succès grandissant, B-Lab mène également des actions de plaidoyer aux États-Unis. En 2010, elle a ainsi obtenu la création d’un nouveau statut légal pour les entreprises, baptisé « Benefit Corporation », aujourd’hui adopté dans 27 Etats (dont la Californie, la Floride, Washington et New-York). Ce statut reconnaît et protège le rôle du secteur privé dans la société et répond à une demande croissante des consommateurs pour une responsabilisation des entreprises : il permet en effet de mettre un terme à la conception américaine d’une mission unique des entreprises qui se limiterait à la maximisation des profits.

A ce jour, 14 autres Etats préparent des propositions de lois, et plus de 1 550 entreprises à travers le pays sont enregistrées sous ce statut.

Pour cela, il faut répondre à un certain nombre de critères (qui peuvent différer selon les Etats). Dans le Delaware par exemple, une entreprise doit répondre à trois critères pour être reconnue « Benefit Corporation » :

  • Objet social : s’engager à agir de manière responsable et durable et identifier le but d’intérêt général auquel elle souhaite répondre.
  • Comptabilité : équilibrer les intérêts financiers des actionnaires avec les intérêts des parties prenantes directement affectées par les activités de l’entreprise et des bénéficiaires de l’objet social de l’entreprise.
  • Transparence : reporter ses performances en matière sociale et environnementale.
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