Even it up : Oxfam veut mettre fin aux inégalités extrêmes

Dans son dernier rapport intitulé « Even it Up : time to end extreme inequality » publié le 29 octobre dernier, Oxfam confirme le creusement des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, frein majeur à l’éradication de l’extrême pauvreté dans le monde. Alors que 7 personnes sur 10 vivent dans des pays où les inégalités sont plus marquées qu’il y a 30 ans, l’ONG lance une nouvelle campagne pour mettre fin aux inégalités extrêmes : Event it Up.

Si les inégalités continuent de se creuser dans les pays émergents comme dans les pays développés, cette tendance n’est pas une fatalité pour l’ONG et peut être inversée par des choix politiques et économiques engagés.

Oxfam met en garde contre l’avènement d’un cycle vicieux fondé sur une « confiscation des opportunités, puisque que les taux d’imposition les plus bas, la meilleure éducation et les meilleurs soins de santé seront réservés aux enfants des plus riches, créant ainsi une dynamique et des cycles d’avantages qui s’amplifient mutuellement et se transmettent de génération en génération. »

Selon les calculs de l’ONG, 85 personnes possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale et 1% des plus riches détiennent la moitié des richesses mondiales. Aux États-Unis, 90% des moins riches se sont appauvris alors que les 1% les plus riches ont « confisqué » 95% de la croissance d’après crise.

Des distinctions peuvent être apportées quant à la nature de ces inégalités :

  • Les inégalités de genre qui engendrent problèmes sociaux et sanitaires ;
  • Les inégalités de richesse, frein à la croissance et à la réduction de la pauvreté, qui se reflètent dans la panne de l’ascenseur social ;
  • Les inégalités de représentation politique qui mettent à mal la gouvernance démocratique et alimentent la corruption, conduisant à une instabilité sociale. Il est à noter qu’un sondage révèle qu’en Espagne 8 personnes sur 10 pensent que les lois sont biaisées en faveur des riches.

Les conséquences de ces inégalités se répercutent sur l’ensemble de la société mais sont beaucoup plus ressenties par les populations pauvres. Selon Oxfam, si les inégalités cessaient de se creuser en Inde, 90 millions de personnes sortiraient de l’extrême pauvreté à l’horizon 2019.

L’ONG s’appuie sur l’exemple de l’Amérique Latine qui a réussi à réduire fortement les inégalités par une politique volontariste (fiscalité progressive, services publics, protection social, travail décent) pour proposer ses solutions. La clé pour Oxfam est en effet à chercher dans des « politiques populaires représentant la majorité ».

Le rapport se conclut ainsi sur des recommandations à l’intention des décideurs politiques lors du prochain Forum économique mondial de Davos  :

  • Mise en œuvre d’une fiscalité progressive;
  • Répression plus sévère du secret financier et de la fraude fiscale;
  • Réforme du système fiscal international (qui défavorise aujourd’hui les pays pauvres qui accordent des incitations fiscales pour être compétitif) ;
  • Utilisation des recettes fiscales pour mettre en place une couverture universelle d’accès aux soins, à l’éducation et à la protection sociale;
  • Défense du salaire minimum et des droits des travailleurs;
  • Suppression des obstacles à l’égalité des droits et opportunités des femmes.
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