Impact Genome Project : les « big data » au service de la mesure d’impact social

Dévoilé lors du Skoll World Forum d’avril 2014, l’Impact Genome Project est un projet scientifique particulièrement innovant qui a pour objectif de prédire le succès d’un projet social avant même que celui-ci ne soit réalisé. Conçu par Jason Saul, expert américain de la mesure d’impact social, l’Impact Genome Project s’appuie sur les « big data » : un algorithme prédictif a en effet été élaboré sur la base des milliers de données générées par des projets sociaux passés, pour anticiper les retombées des projets futurs.

A noter : l’Impact Genome Project a fait l’objet d’un webinar organisé par la Stanford Social Innovation Review le 30 septembre dernier.

L’idée de ce projet est inspirée de l’algorithme Pandora, créé par Nolan Gasser, et rendu célèbre par les sites d’écoute de musique en ligne. Pour rappel, Pandora est le programme qui analyse les chansons que l’on écoute afin de nous proposer des morceaux susceptibles de nous plaire. Le même principe est ici appliqué, non plus à l’industrie de la musique, mais au secteur social. Ainsi, l’objectif de l’Impact Genome Project est d’utiliser les résultats de précédents projets à impact social pour prédire le succès potentiel de futurs projets.

Pour cela, Jason Saul et ses équipes ont analysé plus de 5 800 programmes sociaux et 78 000 données relatives aux impacts de ces programmes. Après un travail de standardisation, ils ont pu identifier 132 impacts (« outcomes ») communs aux projets, leur permettant de créer une nomenclature standardisée (« Universal Outcomes Taxonomy »). Ce système de codification permet de mesurer la contribution d’un programme social à un résultat prédéfini et de calculer les indicateurs de performance associés. Selon ses promoteurs, cette méthode d’évaluation d’impact est révolutionnaire car elle permet de palier à la principale difficulté rencontrée lorsque l’on cherche à quantifier et estimer les impacts induits par les activités du secteur social (associations et entrepreneurs sociaux) : le manque de critères normatifs et de benchmarks. De plus, grâce à cette standardisation des résultats attendus, il est désormais possible de comparer des projets évoluant dans des secteurs différents.

À terme, cet algorithme pourra être utilisé par les entreprises du secteur social et les associations comme un outil leur permettant de renforcer leur stratégie de recherche de fonds. Le programme devrait être disponible à la vente ($5 000) à la fin de l’année 2014.

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