Une hausse des inégalités en France selon l’Insee

En 2011, 14,3 % des Français vivaient au-dessous du seuil de pauvreté1, contre 13 % en 2008, souligne l’Insee dans une étude rendue publique le 2  juillet, intitulée « Les revenus et le patrimoine des ménages », qui porte sur l’année 2011.

Sortir-de-la-pauvrete-est-de-plus-en-plus-difficile-selon-l-INSEE_article_mainAu regard des autres pays de l’Union européenne, la situation de la France semble plutôt favorable. Avec un taux de pauvreté de 14,3 %, contre 17 % pour la moyenne des pays de l’Union européenne, l’hexagone se positionne devant le Royaume-Uni et au même rang que la Suède. Néanmoins, les variations du taux de pauvreté nuancent ce constat. La France est en effet à la deuxième place, derrière l’Espagne, pour son augmentation entre 2010 et 2011.

Selon l’Institut national de la statistique, les chômeurs ont contribué pour près de moitié à l’augmentation du taux de pauvreté cette année-là. L’autre catégorie la plus touchée est celle des salariés. Ainsi, la part des chômeurs en-dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 3,1 points entre 2010 et 2011, tandis qu’elle progressait de 0,6 point chez les personnes ayant un emploi, passant de 6,3% à 6,9% de la population salariée. Bien que cette tendance soit observée ailleurs en Europe – notamment en Italie, en Espagne et en Grèce – l’INSEE souligne : « Une telle hausse du taux de personnes pauvres parmi les salariés n’avait pas été enregistrée depuis 2007 ».

Pour autant, la hausse du taux de pauvreté ne reflète pas tant une entrée plus fréquente des personnes dans la précarité, que le faible nombre de personnes réussissant à en sortir, notamment  depuis la crise économique de 2008. Si entre 2004 et 2005, 42% des personnes pauvres s’en étaient extirpées, la proportion est tombée à 35% entre 2009 et 2010. Ainsi en 2010, 34% des personnes pauvres sont sorties de la pauvreté, 66% y sont restées et 6% des personnes non pauvres y sont entrées.

Entre 2010 et 2011, le niveau de vie médian des Français est donc resté constant, équivalent à 1 630 € par mois pour une personne seule. Cette stabilité masque cependant le creusement des inégalités entre les 10 % des Français les plus riches et les 10 % les plus pauvres. En effet, ces derniers voient leur revenu disponible – après impôts directs – diminuer de 0,8 %, tandis qu’il progresse de 2,2 % chez les plus fortunés. Ainsi, les personnes les plus aisées en 2011 avaient un niveau de vie 3,6 fois plus élevé que celui des plus modestes : un écart en forte hausse selon l’Insee, synonyme d’accroissement des inégalités.

1Pour rappel, une personne est dite pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie médian de l’ensemble de la population, soit 978 euros par mois en 2011.

Publicités