Retour d’expérience de ColaLife : « Back to reality »

En 2011, L’Observatoire du BoP vous présentait l’initiative ColaLife, qui consiste à distribuer des médicaments dans les zones reculées de Zambie via les réseaux de distribution de Coca-Cola. Aujourd’hui, l’entrepreneur britannique Simon Berry, à l’origine de l’initiative, fait le bilan de cette expérience, dont les modalités ont dû évoluer face à la réalité du marché.

téléchargement (8) L’idée de départ de ColaLife était de rendre accessible aux populations zambiennes du bas de la pyramide un certain nombre de traitements anti-diarrhéiques, en les insérant dans l’espace inutilisé des caisses utilisées par Coca-Cola pour distribuer ses bouteilles. L’équipe de Simon Berry a ainsi conçu des trousses Yamoyo ou « trousses de vie » – contenant des solutions de réhydratation, du savon et des documents pédagogiques pour un coût d’un dollar. La réalisation du projet avait été rendue possible en 2011 par le soutien d’un certain nombre d’organisations, dont Coca-Cola, SABMiller,  l’UNICEF et le ministère de la santé zambien. L’ingéniosité de l’initiative avait alors été récompensée par de nombreux prix et récompenses.

Toutefois, face aux réalités du terrain, la stratégie de ColaLife a dû être adaptée. Simon Berry explique ainsi : « Livrer nos médicaments dans les caisses de Coca-Cola était une idée créative, mais pas un modèle d’entreprise durable. Pour durer, il faut créer un engouement ».

La demande a évolué et la trousse médicale est aujourd’hui devenue un véritable bien de consommation. En effet, une fois les mères de famille sensibilisées, des réseaux de distribution autonomes ont émergé et, au vu de la popularité des trousses, les commerçants ont été de plus en plus nombreux à en commander. Alors qu’il pensait que « l’espace à combler se trouvait dans les caisses de Coca-Cola« , Simon Berry a ainsi constaté qu’il « se situait plutôt sur le marché« . Au final, seulement 4% des 26 000 trousses vendues par Colalife ont voyagé dans les caisses de Coca-Cola.

En sensibilisant les différentes parties prenantes aux bénéfices sanitaires associés à la trousse, ColaLife a su créer une demande telle, que le réseau de distribution de Coca-Cola se révèle désormais superflu. Aujourd’hui la production a été confiée à une entreprise pharmaceutique locale, et les produits sont distribués directement aux différents acteurs « classiques » de la communauté (centres de soin, commerçants, etc.). ColaLife a également su prendre en compte les exigences des femmes zambiennes dans le design du packaging, désormais plus pratique.

Pour avoir accès à l’interview complète de Simon Berry, cliquez ici.

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