Démultiplier l’impact social des entreprises : le défi du changement d’échelle

Depuis quelques années, de nouveaux modèles économiques inclusifs fleurissent dans les pays en développement : social business, économie inclusive, entrepreunariat social, initiatives du bas de la pyramide, etc. Il s’agit de développer pour la plupart de nouveaux modèles économiques permettant d’inclure des populations aujourd’hui exclues du marché : consommateurs pauvres, petits producteurs mais aussi salariés fragiles.  Ces stratégies sont autant de laboratoire d’innovation des business models de demain.

beyond the pioneerLes investisseurs, les fondations, les acteurs du développement et même les gouvernements sont de plus en plus nombreux à capitaliser sur ces solutions dans l’espoir d’un impact à la fois économique et social sur les territoires où elles sont appliquées. Pourtant, la question de la capacité de ces initiatives à produire un impact social, environnemental ou sociétal à grande échelle et de manière durable reste entière.

En effet, relativement peu d’entreprises ayant mis en œuvre de telles initiatives ont atteint leur objectif. Ainsi, sur 400 entreprises étudiées, seules 13% ont véritablement un impact positif, capable d’influencer les conditions de vie des populations concernées.

Ce paradoxe est à l’origine du rapport publié ce mois-ci par Monitor Deloitte et relayé par Business Fights Poverty, Beyond the Pioneer, Getting Inclusive Industries to Scale. Les auteurs partent du constat que la principale limite rencontrée par les entreprises tient au défaut d’une échelle d’action suffisante. Certains obstacles institutionnels, sociaux et structurels entravent les entreprises dans la réalisation de leur démarche sociale dans les pays en développement. Durant un an, les auteurs ont cherché à comprendre ces défis d’échelle auxquels sont confrontées les entreprises, en s’appuyant sur une centaine d’entretiens, des douzaines de visites et leur expérience pratique.

Le rapport met en évidence la nécessité pour les entreprises de s’inscrire dans un écosystème qui engage toutes les parties prenantes. En effet, compte-tenu de leur échelle d’action, les activités des entreprises ne suffisent pas à créer un impact susbstantiel; c’est pourquoi les auteurs conseillent d’inscrire leurs efforts dans ceux entrepris par le secteur industriel en entier. En parallèle, les entreprises doivent également s’appuyer sur un certain nombre d’acteurs de différents secteurs jouant le rôle de « facilitateurs », pour dépasser les contraintes institutionnelles et structurelles auxquelles elles font face et espérer parvenir à atteindre une échelle d’action suffisante.

La question n’est donc plus uniquement celle de la création d’entreprises sociales, mais celle de la création de nouveaux marchés, engageant toutes les parties prenantes dans un effort concerté.

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