La précarité dans la mobilité quotienne

Au cœur des débats sur le projet de loi pour une transition énergétique et de la prochaine Conférence environnementale, le thème de la mobilité donne lieu à une étude à venir par la Fondation Nicolas Hulot, avec le Réseau Action Climat et l’ADEME. Une publication, parue en février dernier, donne un aperçu des grands enjeux associés à ce thème.

semaine-mobilite2001« Les droits au travail, au logement, à l’éducation, aux loisirs, à la santé etc , passent par une sorte de droit générique qui commande tous les autres, le droit à la mobilité« , écrit Jean-Pierre Orfeuil, spécialiste des mobilités urbaines, dans  Le droit à la mobilité, Aujourd’hui et demain (2011).

Avec l’arrivée des nouvelles technologies de l’information et de la communication, notre rapport au temps et à l’espace a fondamentalement changé. Aujourd’hui, la mobilité, voire l’hypermobilité, dessinent les nouvelles normes sociales. La flexibilité et la rapidité sont en effet érigées au rang de vertus par la société. Cette exigence est à l’origine d’une fracture sociale profonde en France, entre ceux qui suscitent ou répondent à l’obligation croissante de mobilité et ceux en situation d’immobilisme.

Ce constat se reflète dans les inégalités territoriales en matière d’aménagement. C’est pourquoi la Fondation Nicolas Hulot interpelle aujourd’hui les pouvoirs publics sur la nécessité de développer une offre de mobilité quotidienne satisfaisante dans tous les territoires et pour tous les publics.

L’étude suggère ainsi un certain nombre de propositions pour lutter contre l’exclusion et favoriser une « mobilité durable » :

  • Les déclinaisons d’un transport collectif dans les espaces ruraux et périurbains
  • Les modèles de mobilité partagée (covoiturage, autopartage, autostop)
  • La conjugaison des modes de déplacement, y compris actifs (vélo, marche)
  • Le rapprochement des lieux de travail des services de l’habitat (télétravail, prêts pour accéder à un logement)
  • L’adaptation de l’offre à tous les publics (abonnement à tarif réduit, fiscalité positive de la mobilité)

Au-delà des enjeux sociaux et économiques, ce sont des enjeux environnementaux qui se jouent derrière cette mise en conformité de l’offre et la demande. Les transports représentent en France près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. Les territoires périurbains éloignés ou ruraux sont effectivement les parents pauvres d’une politique nationale de transport collectif. Face à ce constat, l’étude souligne la nécessité d’élaborer un schéma de mobilité cohérent pour générer une offre réellement concurrentielle au véhicule individuel.

Malgré l’apparition d’alternatives au véhicule individuel, les inquiétudes liées au changement inhibent toutefois l’expérimentation et le basculement vers une nouvelle offre. C’est pourquoi il est aujourd’hui nécessaire d’accompagner les populations à adopter de nouveaux schémas de mobilité  pour opérer un véritable changement des mentalités.

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