Le Sommet du BoP 2013

Du 21 au 23 octobre derniers, la Ross Business School de l’Université du Michigan a accueilli le Sommet du BoP 2013. Organisé par le William Davidson Institute (WDI) pour la quatrième fois, le sommet constitue un évènement majeur sur les enjeux du BoP aujourd’hui.

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Plus de 200 experts et théoriciens du BoP ont été invités à échanger sur les expériences acquises, les obstacles rencontrés et les défis à relever. Parmi les organisations représentées, on peut notamment citer :

  • Des acteurs institutionnels (USAID..)
  • Des multinationales (Coca-Cola, Danone)
  • Des think-tanks et agences de conseil (Emergent Institute, BoP Innovation Center,…)
  • Des ONG (CARE, Oxfam, WBCSD…)
  • Des universitaires (dont Ted London, organisateur principal du sommet et l’un des pionniers du secteur)

L’objectif du Sommet était double. Il s’agissait d’abord de réunir les principales parties prenantes autour d’une même table dans le but de faire émerger une véritable communauté du BoP, à ce jour encore inexistante. Le deuxième objectif, fruit de trois jours de discussions et de partage d’expériences, était d’établir une feuille de route du BoP pour les dix ans à venir. Pour ce faire, le Sommet a été structuré autour de neuf ateliers abordant chacun une thématique-phare du secteur. Les intervenants de chaque atelier ont été invités à identifier les défis à relever et à émettre une série de recommandations, qui serviront de base à la feuille de route. La compilation en a été confiée au WDI, qui en publiera une version définitive avant la fin de l’année.

L’innovation a été le thème majeur. Face à l’échec, unanimement constaté, du  « BoP 1.0 », l’accent a été mis sur les solutions inclusives qualifiées de « Bop 2.0 » (trickle-up innovation, reverse innovation…). Parmi les principales recommandations formulées au sein des neuf ateliers, figurent notamment :

  • Adapter les modèles au contexte local. Cela implique notamment l’inclusion des communautés au processus de conception, de décision et d’exécution, afin de « relever » la base de la pyramide et de créer de la valeur de manière durable.
  • Mettre en commun les données existantes, par exemple en créant un Centre de l’excellence afin de diffuser les bonnes pratiques et accélérer le développement du secteur.
  • Améliorer le dispositif de mesure d’impact social et de le rendre plus accessible aux entreprises BoP.
  • Créer une plateforme de rencontres et d’échanges entre multinationales et acteurs locaux : la difficulté de trouver les partenaires adéquats a été évoquée comme l’un des principaux obstacles externes rencontrés par une entreprise souhaitant se lancer dans le BoP.
  • Après avoir reconnu les ONG comme des acteurs-clés du secteur, œuvrer pour accroître leurs capacités et leur efficacité d’une part, leur accorder davantage de voix dans la gouvernance de stratégies BoP d’autre part.
  • Faire face au manque d’investissement dans les phases de conception et d’organisation : le manque de capital initial constitue l’un des plus grands obstacles au déploiement des entreprises sociales et des stratégies BoP.
  • Mettre en place des solutions pour permettre un passage à l’échelle des entreprises sociales. Divers modèles ont été proposés pour une mise à l’essai : sociétés holding, franchises, coopératives, externalisation de fonctions-support…
  • Créer un marché de la reprise d’entreprises BoP dynamique, en particulier en ouvrant le champ des investissements de redressement, en diffusant les pratiques de rachat, de recadrage et de fusions-acquisitions.
  • Enfin, mettre en place des institutions adaptées à la croissance d’entreprises : systématiser et accroître l’impact investing, favoriser l’appropriation par les entrepreneurs des nouvelles technologies, etc.

That is just the beginning of the journey.

– Ted London

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