Succès pour la 6ème édition du Forum Mondial Convergences

Du 17 au 19 septembre dernier s’est tenu au Palais Brogniart et à l’Hôtel de ville de Paris, la 6ème édition du Forum Mondial Convergences 2015. Pendant trois jours, des acteurs de la solidarité internationale, des entrepreneurs sociaux et des professionnels de l’économie sociale et solidaire, ont pu croiser leurs expériences et échanger à l’occasion de débats, d’ateliers interactifs, de sessions de networking ou encore du Salon Professionnel.

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Lancée en 2008, Convergences est une plateforme de réflexion qui réunit des acteurs publics, privés et solidaires autour de la lutte contre la pauvreté et la précarité des pays du Nord et du Sud. Le Forum Mondial Convergences, évènement international désormais incontournable, constitue le point d’orgue de l’organisation : pendant 3 jours et 3 nuits, 380 intervenants venus de 100 pays, 5000 participants et 200 organisations partenaires se rassemblent pour partager leurs expériences et construire ensemble un monde équitable et durable.

Les lauréats du Prix Convergences 2013 sont Emmaüs Défi & Fondation Vinci pour la Cité pour leur dispositif d’accompagnement des personnes en « grande exclusion » innovant (prix Europe), et Gevalor & Madacompost pour leur projet de gestion des déchets à Madagascar (prix International). Le prix Convergences, attribué chaque année en partenariat avec la Commission européenne et Le Monde, récompense les partenariats innovants viables économiquement et à fort impact social.

Ancrés cette année dans la thématique des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les débats ont permis de mettre en perspective les grands enjeux, les pratiques des différents acteurs, les alliances public/privé et les outils de financement comme la microfinance. Parmi les intervenants de premier plan figuraient des ministres d’Etat, des ambassadeurs, des directeurs généraux et exécutifs de grands groupes, des présidents d’ONG français et leurs homologues internationaux.

En particulier :

  • Une table ronde a réuni Jean-Marc Borello (délégué général du Groupe SOS), Antoine Frérot (PDG de Veolia Environnement), et Patrick Doutreligne (délégué général de la Fondation Abbé Pierre) autour de la question des nouvelles formes de pauvreté apparues en France depuis une quinzaine d’années et accentuées par la crise économique récente : le mal-logement, la précarité énergétique et la précarité hydrique. Touchant plus de 8,6 millions de personnes (seuil officiel de pauvreté), ces nouvelles formes de précarité représentent un défi dans le contexte d’une augmentation du coût du logement et de l’accès à l’énergie et à l’eau. La table ronde a été l’occasion de présenter les initiatives associatives de la Fondation Abbé Pierre et du Groupe SOS, et des initiatives privées des opérateurs d’eau comme Veolia (par exemple, l’exemption de payer leurs factures d’eau pour les familles admissibles au Fonds solidarité-logement). Ont également été saluées les initiatives publiques comme la tarification sociale, dont les carences ont toutefois été mises en avant : aujourd’hui, 30% des ayants-droit aux aides sociales n’en profitent pas. D’une voix unanime, tous les intervenants en ont appelé à une collaboration plus forte entre les services publics, les entreprises et les associations, regrettant au passage l’absence de Cécile Duflot (ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement), qui figurait également parmi les invités de la table ronde.
  • Un débat sur le rôle du secteur privé pour atteindre les OMD a réuni le PDG de Total, Christophe de Margerie,  le PDG d’Unilever France, Bruno Witvoet, l’ancien ambassadeur et représentant du groupe Initiatives, Pierre Jaquemot et la présidente de la Chambre éthiopienne de commerce et des associations sectorielles, Mulu Solomon. De manière assez prévisible, le débat a glissé vers la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) et les questions de transparence. Partie intégrante de la stratégie des entreprises (Christophe de Margerie), la RSE est aujourd’hui une condition de survie de l’entreprise à moyen et long terme (Bruno Witvoet) et constitue un facteur de création de richesses. La RSE matérialise en outre aujourd’hui la contribution du secteur privé aux OMD.  Le débat fut ponctué d’altercations légères et de questions acérées du public, et c’est à Mulu Solomon que revient le mot de la fin : « We can change the world if we want to ; the question is : do we want to ?« 
  • Gilles Vermot-Desroches (directeur Développement durable chez Schneider Electric), Jean-Luc Perron (DG de la Fondation Grameen Crédit Agricole), Anoop Ratnakerrao (chef des opérations de la Naandi Foundation en Inde) et le professeur Miguel Rivera-Santos ont, quant à eux, mis en perspective leurs expériences en matière d‘innovation sociale et de stratégies BoP. Après un tour d’horizon de l’état des lieux de la microfinance (JL Perron), furent présentées les initiatives à succès comme celle de la Naandi Community Water Services en terme d’accès à l’eau, ou du programme BiPBoP de Schneider Electric en terme d’accès à l’électricité. Cependant, ces initiatives dont le succès ne peut être remis en question, masquent mal la vraie limite du BoP : il n’existe pas de modèle universel. La complexité du BoP vient en effet de son caractère local : le modèle n’est jamais lancé dans le vide, mais vient toujours se greffer sur des institutions, apparentes ou latentes, qui préexistent dans les communautés visées. Cette limite, à l’origine de l’échec de la première vague de la microfinance, en a aussi constitué le salut : la reconnaître et en accepter le défi, c’est progresser.
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