Access to Medicine Index 2012 : des laboratoires pharmaceutiques de plus en plus impliqués dans les pays en développement

La Access to Medicine Foundation a publié en novembre 2012 son « Indice sur l’Accès aux Médicaments » (Access to Medicine Index), qui établit le classement des vingt plus grands laboratoires pharmaceutiques en fonction de leurs efforts visant à améliorer l’accès aux médicaments dans les pays en voie de développement. Cette année encore, GlaxoSmithKline prend la première place du classement, suivi de près par Johnson & Johnson et Sanofi.

Créé en 2008 et publié tous les deux ans, l’Indice sur l’Accès aux Médicaments propose de mesurer les efforts fournis par les laboratoires pharmaceutiques pour améliorer l’accès aux médicaments dans les pays émergents. Pour ce faire, la Access to Medicine Foundation a mis au point une méthodologie en collaboration avec plusieurs parties prenantes (Organisation Mondiale de la Santé, ONG, universités, gouvernements, etc.). Financé entre autres par la Bill & Melinda Gates Foundation, le Ministère néerlandais des Affaires étrangères et le Département britannique pour le développement international (DFID), l’Indice sur l’Accès aux Médicaments repose sur une méthodologie en deux temps :

  • Dans un premier temps, les laboratoires sont évalués au regard des efforts fournis dans les 7 domaines suivants : management général, politique d’actions publiques, Recherche & Développement, politique tarifaire, brevets, capabilité (production, logistique), et enfin, dons et œuvres philanthropiques
  • Chacune de ces sept facettes est ensuite analysée à l’aune de la situation rencontrée pour 33 maladies dans 103 pays en développement suivant quatre piliers stratégiques, plus ou moins coefficientés : le niveau d’engagement (coefficient : 25%), la transparence (25%), les résultats obtenus (40%), et l’innovation (10%).

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Globalement, la Access to Medicine Foundation note cette année une amélioration dans les stratégies des entreprises : « 17 des 20 entreprises ont réalisé de meilleures performances qu’il y a deux ans. Les entreprises sont en train de mettre au point davantage de produits pour un nombre croissant de maladies qui affectent tout spécialement les pauvres ». Cela se traduit notamment par les éléments suivants :

  • Des budgets dédiés plus importants : certaines entreprises consacrent près de 20% de leurs activités de R&D à la mise au point de produits répondant aux besoins des populations pauvres. A titre d’exemple, Sanofi est en train d’adapter son médicament contre la leishmaniose, qui nécessite normalement l’intervention de personnel sanitaire pour des injections répétées, afin d’en faire un produit que les patients pourront appliquer eux-mêmes à la maison. Johnson & Johnson développe également actuellement un test simple et rapide de dépistage de la tuberculose, ne nécessitant pas l’intervention de personnel sanitaire.
  • La multiplication des systèmes de tarification différenciée : de plus en plus d’entreprises mettent en place des systèmes de péréquation financière afin de faire baisser les prix pour certains pays ou groupes de population dans un pays donné.
  • Une collaboration accrue entre les laboratoires, à travers le développement et le renforcement d’alliances et de partenariats (ex : la Global Alliance for Vaccines and Immunisation ou ViiV Healthcare, laboratoire commun de GlaxoSmithKline et Pfizer spécialisé dans la recherche contre le SIDA).

Néanmoins, la Fondation note quelques points négatifs qui nécessiteraient d’être améliorés : la transparence liée aux pratiques de lobbying, l’extension des systèmes de tarification différenciée, l’adaptation du conditionnement en fonction des besoins locaux, l’adaptation des dons de médicaments aux besoins des populations locales, etc.

L’ Indice sur l’Accès aux Médicaments 2012 est disponible ici.

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