Procter&Gamble primé par The Economist pour son purificateur d’eau

Ce 15 novembre, deux scientifiques de Procter&Gamble, Dr Philip Souter et Dr Greg Allgood, se sont vus décerner le « 2012 Social and Economic Innovation Award » pour le développement du programme Children’s Safe Drinking Water (CSDW) par The Economist. Ce programme philanthropique repose sur la distribution non profit d’une poudre purificatrice d’eau, PuR, dans les pays émergents. Cette poudre, initialement commercialisée comme un produit destiné au marché BoP par Procter&Gamble, n’avait pourtant pas rencontré un franc succès lors des premières années de lancement.

PuR ou comment faire d’un échec de stratégie BoP un réel succès philanthropique. 

Pour rappel The Economist identifie et récompense les innovateurs d’aujourd’hui dans de nombreux domaines : il a notamment récompensé Hernando de Soto, Steeve Jobs, Mark Zuckerberg ou encore Bill Gates. Cette année, ce sont deux scientifiques de Procter&Gamble qui se sont vus décerner le « 2012 Social and Economic Innovation Award ».

Dr Philip Souter, au sein de Procter&Gamble, a développé au début des années 2000 un purificateur d’eau : PuR, une poudre dont un petit sachet, qui coûte 0.035$ à produire, permet de purifier jusqu’à 10 litres d’eau. Il a été prouvé que PuR réduisait ainsi de moitié le risque de diarrhée. CSDW, créé en 2004 par le groupe, est le programme philanthropique chargé du développement du produit. Il est aujourd’hui distribué dans les pays émergents via des ONG auxquelles CSDW vend le produit au prix de revient. Procter&Gamble a estimé que depuis 2004, PuR avait permis de purifier 4 milliards de litres d’eau sauvant ainsi plus de 25000 vies. 

Mais si ce produit connaît un très grand succès aujourd’hui, il n’en était pas de même au début de son lancement en 2002. Procter&Gamble l’avait pensé comme un produit « BoP » à destination des consommateurs les plus pauvres des pays émergents et en avait fixé le prix à 0,10$ le sachet. Cependant, la relation entre la saleté de l’eau et les problèmes sanitaires étant mal perçue par ces populations, Pur n’avait pas convaincu. Les consommateurs ciblés ne voyaient pas l’intérêt du produit alors qu’ils pouvaient se procurer de l’eau, certes insalubre mais moins chère. C’est ainsi que Procter&Gamble,  qui avait prévu de vendre 20 millions de sachets par an, n’en avait vendu que 3 millions en trois ans. C’est le Dr Greg Allgood, un scientifique de Procter&Gamble, qui a persuadé le groupe en 2004 de faire de PuR un produit philanthropique. Il dirige aujourd’hui CSDW et s’appuie sur un réseau de plus de cent organisations partenaires dont Care, Save the Children et Unicef.

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