Secours Catholique : nouveau rapport sur la pauvreté en France

Le Secours Catholique a publié cette semaine son rapport annuel sur la pauvreté en France intitulé « Regards sur dix ans de pauvreté ». Ce dernier présente la synthèse de toutes les données recueillies sur ses 2370 lieux d’accueil et confirme le constat de Bernard Schricke, Directeur Actions et Plaidoyer France Europe de l’ONG qui dénonce «un durcissement et un ancrage de la pauvreté » en France.

La pauvreté, et en particulier l’extrême pauvreté, sont en hausse depuis le début des années 2000 : les pauvres « en général » (moins de 60% du niveau de vie médian) sont désormais 8,6 millions, soit plus d’un million de plus qu’en 2001.De plus, avec 500 000 personnes supplémentaires, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté (40% du revenu médian) s’élève aujourd’hui à 2 millions.

Le Secours Catholique observe en outre une évolution du visage de la pauvreté en France: l’ONG reçoit tout d’abord de plus en plus d’étrangers, dont la part est passée de 23% en 2001 à 30% aujourd’hui. Le rapport souligne également que la part des familles a augmenté de 6%, avec une surreprésentation des familles monoparentales (58% des familles accueillies). Le Secours Catholique attire l’attention sur le fait qu’il s’agit principalement de femmes isolées avec leurs enfants : 160 000 mères célibataires ont été accueillies l’année dernière, contre 20 000 pères seuls.

L’ONG rapporte de plus qu’elle accueille de plus en plus de chômeurs, leur part passant de 58 à 66% en 10 ans. « La difficulté d’accéder à un emploi » est le principal facteur de pauvreté en France, souligne Bernard Schricke.

Par ailleurs, l’étude met en évidence le cercle vicieux de la pauvreté. Les dépenses fixes des ménages augmentent très rapidement entraînant de nombreux impayés qui les empêchent de sortir de la pauvreté: d’après Eurostat, le prix du gaz a progressé de près de 60 % en deux ans. De même, les loyers en HLM ont augmenté de 44 %, augmentation qui n’a pas été compensée par des hausses de salaire.

Le Secours Catholique recommande quatre axes d’action :

  1. Faire de l’accompagnement des personnes en difficulté une priorité dans les lieux d’accueil publics (missions locales, pôle emploi) et dans les missions des travailleurs sociaux.
  2. Revaloriser les minima sociaux qui ont pris beaucoup de retard par rapport aux besoins essentiels des familles.
  3. Mieux cibler les aides aux familles et réduire les charges fixes qui pèsent sur les ménages les plus modestes (plafonnement des loyers, bouclier énergétique, réduction des coûts de transport)
  4. Reconnaître le droit au travail pour les demandeurs d’asile.

Le rapport est téléchargeable ici.

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