Le J-Pal publie une étude intéressante sur les cuisinières à gaz améliorées

Le Poverty Action Lab (J-Pal) a mené une étude sur l’usage des cuisinières à gaz en milieu rural dans les pays en voie de développement. Les résultats sont surprenants : alors qu’il est communément admis que l’usage de cuisinières à gaz améliorées a des effets positifs sur la santé et l’émission de gaz à effet de serre, cette étude remet cette certitude en question.

Une cuisinière à gaz améliorée (Inde rurale)

Le J-Pal s’est concentré sur la région d’Orissa, l’un des états les plus pauvres en Inde, pour réaliser cette expérience. L’étude a duré 4 ans et s’appuie sur la méthode d’expérience contrôlée (dite de ‘randomization’). Les observations sont les suivantes : si on observe une réduction d’inhalations toxiques la première année, l’usage de cuisinières à gaz améliorées n’a plus d’effet sur le long terme et on observe les mêmes effets sur la santé et la pollution que pour une cuisinière à gaz traditionnelle.

Les explications du J-Pal font réfléchir. Selon le laboratoire, il semble que les usagers ne perçoivent pas la valeur des cuisinières à gaz améliorées. De ce fait, ils ne l’utilisent pas régulièrement ou de façon appropriée. De plus, ils ne l’entretiennent pas suffisamment et la cuisinière finit par émettre autant qu’une cuisinière traditionnelle. Dans tous les cas, les utilisateurs finissent par ne plus utiliser cette cuisinière et se tournent vers les outils traditionnels qu’ils connaissent mieux.

“Cette étude met en lumière la nécessité de tester les technologies dans des environnements réels où les comportements font varier de façon significative les impacts mesurés dans un laboratoire. Ces tests doivent être conduits sur le long terme afin de comprendre l’évolution des comportements dans le temps et l’effet sur l’usage des technologies », concluent Ester Duflo, Rema Hanna, et Michael Greenstone, les auteurs de l’étude.

Retrouvez l’étude (en anglais) ici.

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