Des rapports sur le mal-logement en France

La situation du logement en France est très préoccupante pour les personnes en difficulté. La France manque en effet de logements et plus particulièrement de logements sociaux.

Cette situation créé un cercle vicieux s’articulant autour des problèmes suivants : les logements « classiques » sont en nombre insuffisant et sont proposés à des prix largement inaccessibles pour les personnes en difficulté (sans compter les questions relatives aux garanties nécessaires pour accéder au logement). Les logements à loyer modéré (HLM) souffrent d’un surnombre de demandes et font par conséquent l’objet d’une file d’attente de plusieurs années.

Les centres d’hébergement sont surpeuplés. Selon la Fondation Abbé Pierre, il y aurait en France, trois millions de personnes très mal logées : un million de Français n’ont pas de domicile personnel, 100.000 n’ayant aucun toit, 150.000 vivant dans des centres d’hébergement d’urgence, 200.000 vivant dans des abris de fortune (cabane, camping…), environ 500.000 habitent en chambre d’hôtel, chez des tiers ou sont en instance d’expulsion. Un million de personnes seraient privées du confort de base.

La part des ménages français se déclarant mal logés est passée de 13,4 % en 1978 à 6,0 % en 1996, puis est remontée à 7,2 % en 2002 avant de redescendre à 6,5 % en 2006, selon l’INSEE. Il faut également noter la dégradation de la situation des classes moyennes en matière de logement.

Pour plus d’informations : le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement en France.

En France, les entreprises ont une véritable légitimité à s’intéresser à la politique publique du logement dans la mesure où elle finance le « 1 % logement ». Son origine remonte à la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle des patrons du nord de la France souhaitèrent améliorer les conditions de leurs employés. Le système fut, par la suite, généralisé. Le versement des entreprises était à l’époque 1% de la masse salariale brute. Si ce paternalisme est aujourd’hui difficilement acceptable, la contribution des multinationales à la politique du logement est toujours à l’ordre du jour.

Comme le souligne le rapport « Précarité, ce que peut faire l’entreprise » de l’Institut Montaigne:

« L’entreprise a intérêt à ce qu’une commune s’engage dans la construction de logements sociaux répondant aux besoins de ses collaborateurs car c’est un élément qui concourt à la productivité de ses collaborateurs ; et réciproquement pour la commune, des logements adaptés aux besoins des entreprises peuvent être un facteur d’attractivité de son territoire. Tout spécialement la durée et le coût des transports quotidiens (domicile/lieu de travail) influent directement sur la qualité de vie des salariés.

Les entreprises pourraient dans cette perspective exprimer aux élus locaux leurs besoins en termes de logements sociaux. Lorsque l’entreprise cherche un lieu pour implanter un établissement, elle gagnera à formuler sa nette préférence pour les communes qui respectent leurs obligations légales et notamment sociales. Cette action publique pourra faire l’objet d’une discussion interne à l’entreprise et être intégrée dans son rapport de responsabilité sociale.

Conscients de cette condition d’implantation des entreprises sur leur commune, les élus seront plus vigilants à construire ou autoriser la construction de logements sociaux, ne serait-ce que pour rendre leur circonscription économiquement plus attractive. L’État soutiendra les entreprises s’implantant dans les communes respectant leurs obligations en termes de logement social en fixant une exonération fiscale temporaire suffisamment sensible pour que l’entreprise gagne directement dans cette opération, en plus des avantages liés à l’amélioration des conditions de vie de ses collaborateurs. »

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