SC Johnson au Kenya

La question des consommateurs pauvres préoccupent depuis longtemps SC Johnson. L’entreprise à l’actionnariat familial a fait des questions de responsabilité sociale un axe fort de sa stratégie et a souhaité approfondir les questions de pauvreté.

C’est dans cette perspective que le Groupe a soutenu financièrement la création d’un centre universitaire au sein de l’Université de Cornell – le Center for Sustainable Global Enterprise – qui abrite depuis 2005 notamment le « BoP Learning Lab » animé par Stuart Hart.

La création du BoP Learning Lab répond à trois objectifs principaux :

  • Créer un modèle d’entreprise pérenne et responsable sur les questions de BoP, en évitant les « dérives » des modèles de Prahalad;
  • Créer une méthodologie concrète de mise en œuvre des modèles;
  • Animer des projets pilotes.

La notion principale que cherche à mettre en avant le BoP Learning Lab est la co-création, c’est-à-dire l’idée selon laquelle il est indispensable de créer des produits et des services en fonction des attentes des populations locales. A l’inverse des modèles prônés par C.K. Prahalad, il ne s’agit pas de développer un produit de manière autonome – si innovant soit-il – pour le marché BoP mais bien de construire avec les consommateurs concernés de nouveaux produits.

A ce titre, le BoP Learning Lab prévoit dans sa méthodologie une phase d’observation qui peut durer plusieurs mois. Il s‘agit pour l’observateur de comprendre le fonctionnement de l’économie informelle qui préside aux échanges des consommateurs pauvres et d’imaginer des solutions qui, sans rompre fondamentalement les équilibres, puissent optimiser la consommation.

Programme

La stratégie de SC Johnson s’inscrit dans ce cadre. Après avoir financé à partir de 2002 les différents programmes de recherche du Laboratoire, SC Johnson a souhaité mettre en place un projet pilote au Kenya en 2005, dans l’un des bidonvilles de la capitale Nairobi (Kibeira).

Un projet pilote est mis en place : de nombreux habitants du bidonville partagent des sanitaires. Il ne s’agit pas de sanitaires publics mais de sanitaires privés et collectifs dédiés à une dizaine de familles. Par manque de coopération et de coordination collective, ces sanitaires ne bénéficient pas d’un entretien suffisant si bien qu’au bout de quelques semaines, ils sont insalubres.

SC Johnson propose dans ce cadre un service d’entretien aux familles. Un micro-entrepreneur local achète le produit d’entretien à SC Johnson et propose ses services aux familles dans le cadre d’un contrat de micro-franchisé. Les micro-entrepreneurs, formés par le groupe, vendent leurs services (produits d’entretien compris) à 0,7$.

Résultats

Ce projet connaît un succès croissant : 45 micro-entrepreneurs participent à ce programme qui s’étend désormais aux écoles et à plus de dix quartiers à Nairobi. Si le coût du programme n’est pas entièrement couvert, SC Johnson espère équilibrer ses comptes d’ici un an, notamment en réduisant les coûts de packaging du produit.

Tatiana Thieme, qui a travaillé pendant 2 ans sur ce projet, a réalisé un documentaire passionnant sur les entrepreneurs CCS.

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